Les pratiques de chiffrement de Facebook et Apple sont dans le collimateur des sénateurs américains

Les sénateurs américains ont d’un mauvais œil les pratiques de chiffrement d’Apple et Facebook, a rapporté Reuters plus tôt dans le mois. En effet, les démocrates et républicains ont fait front uni lors d’une audience du comité judiciaire du Sénat américain dans l’objectif de réglementer la technologie de chiffrement utilisée par les firmes technologiques, à moins que celles-ci n’offrent aux forces de l’ordre la possibilité d’y accéder.

Il se trouve que l’accès à des preuves clés dans des affaires de maltraitance d’enfants et de tirs de masse soit bloqué par le chiffrement utilisé par Apple et Facebook et que cela entrave les enquêtes des autorités, mettant à mal la patience de ces derniers.

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Le sénateur Lindsey Graham a ainsi déclaré à l’attention des firmes technologiques :

Vous allez trouver un moyen de le faire ou nous le ferons pour vous. Nous n’allons pas vivre dans un monde où des abuseurs d’enfants ont un havre de paix pour pratiquer leur métier. (…). Fin de la conversation.

Une fois de plus, Facebook s’attire les critiques de plusieurs gouvernements

Plusieurs gouvernements ont commencé à critiquer le réseau social après qu’il ait annoncé en début de cette année 2019 son projet de chiffrer de bout en bout l’ensemble de ses services de messagerie. Pour rappel, WhatsApp est déjà entièrement chiffré.

Pas plus tard qu’en octobre 2019, William Barr, le procureur général des États-Unis et les responsables d’application de la loi du Royaume-Uni et de l’Australie ont averti Facebook de ne pas poursuivre son projet…à moins qu’il donne aux responsables de l’application des lois l’accès à une « porte dérobée ».

Une proposition que Facebook a catégoriquement rejetée dans une lettre signée par le chef de WhatsApp Will Cathcart et le chef de Messenger Stan Chudnovsky.

L’accès que vous demandez pour l’application de la loi serait un cadeau pour les criminels, les pirates et les régimes répressifs. Ce n’est pas quelque chose que nous sommes prêts à faire.

Apple aussi résiste tant bien que mal aux autorités

De son côté, Apple essaye également de tenir tête aux responsables de l’application de la loi. Par exemple, en 2016, l’entreprise a fait l’objet d’un litige contre le Bureau fédéral d’enquête qui a cherché à accéder aux fichiers d’un iPhone ayant appartenu à un sympathisant de l’Etat islamique tué à San Bernadino, en Californie et qui avait assassiné des employés du comté.

Jay Sullivan, le responsable de la confidentialité des messages de Facebook et Erik Neuenschwander, responsable de la confidentialité d’Apple, se sont entretenus et ont chacun suggéré que les législateurs surveillaient de près leurs entreprises respectives. Toutefois, Sullivan a réitéré à plusieurs reprises que Facebook ne conçoit pas d’appareils ou de systèmes d’exploitation, mais que la société était ouverte aux propositions de « numérisation sur appareil » qui détecterait automatiquement les correspondances contenant du contenu illégal.

De son côté, Neuenschawander a déclaré qu’Apple n’avait pas de « forums permettant aux étrangers de se contacter… et notre entreprise ne nous fait pas scanner le matériel de nos utilisateurs pour en créer des profils ».

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