Les robots modérateurs de YouTube seraient-ils homophobes ?

Après avoir traversé une grosse polémique en lien avec les contenus pour les enfants, YouTube se retrouve de nouveau sous le feu des projecteurs, et toujours pas pour une bonne raison. Si l’on en croit une étude réalisée par la chaîne Nerd City, la plateforme aurait des tendances homophobes.

Partagée le 1er octobre dernier et rapportée par The Verge, l’investigation a en effet dévoilé que les bots modérateurs de YouTube pénaliseraient automatiquement les vidéos qui mentionnent des mots en rapport avec la communauté LGTBQ+, tels que « gay », « lesbienne » ou encore « trans ».

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Il s’agit d’une enquête sérieuse que Nerd City a menée en étroite collaboration avec la société de recherche Ocelot AI et la chaîne YouTube Analyzed.

Les vidéos LGTBQ+ automatiquement démonétisées

Durant l’investigation qu’ils ont menée en juillet, Nerd City, Ocelot AI et YouTube Analyzed ont testé manuellement près de 15 000 mots clés pour constater que ceux qui évoquent l’homosexualité étaient à chaque fois dans la ligne de mire des bots modérateurs de YouTube. Les vidéos concernées étaient à chaque fois jugées inappropriées et immédiatement démonétisées.

Pour être sûr qu’il ne s’agit pas que d’un simple malentendu, Nerd City, Ocelot AI et YouTube Analyzed ont mené plusieurs expériences qui ont été très révélatrices. Ils ont par exemple remplacé les mots « gay » ou « lesbienne » dans les titres des vidéos par « heureux ». Et à chaque fois, ils ont constaté que la démonétisation des vidéos était immédiatement annulée.

YouTube se défend… sans convaincre

Pour le YouTubeur Een de la chaîne Nerd City, les résultats de cette étude démontrent la discrimination dont YouTube fait preuve en coulisse, alors qu’en public la plateforme s’affirme progressiste. « YouTube encourage les créateurs gays à être fiers de leur identité, à exprimer leur créativité. Ils publient des vidéos spéciales à chaque Pride Month. Mais notre enquête prouve qu’il y a une vérité qui n’a jamais été dite aux créateurs gays : ils ont le droit d’être gays, ils n’ont juste pas le droit d’en parler. Ou alors ils ne toucheront pas leur chèque ».

De son côté, YouTube n’a pas manqué réagir face à ces accusations peu voilées qui l’accablent. Interrogée par The Verge, la plateforme a formellement démenti toute discrimination envers les vidéos LGTBQ+. « Nous sommes fiers des incroyables voix LGBTQ+ qui se font entendre sur notre plateforme et nous prenons ces questions très au sérieux », a assuré un porte-parole. « Nous utilisons le machine learning pour évaluer le contenu en fonction des directives des annonceurs. Parfois, nos systèmes se trompent, c’est pourquoi nous encourageons les créateurs à faire un recours. Grâce à cette procédure, nos systèmes sont mis à jour et s’améliorent sans cesse. »

Cette réponse peine cependant à convaincre, car si YouTube affirme la transparence de sa plateforme, il reste cependant très vague concernant l’acharnement dont ses bots ont jusqu’à présent fait preuve vis-à-vis des vidéos LGTBQ+.

 

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