Les routes solaires seraient moins performantes que les panneaux solaires traditionnels

En 2014, une campagne populaire visant à lutter contre le changement climatique a séduit le monde entier. L’idée était de placer des panneaux solaires sur les routes. Justement, cette idée ambitieuse été concrétisée et testée en situation réelle.

Parmi les routes solaires qui ont été installées figure celle de Tourouvre-au-Perche, France. Les panneaux solaires ont couvert 2 800 mètres carrés et génèrent une puissance maximale de 420 kW. Son installation a coûté au total 5 millions d’euros soit 11 905 euros par kW installé.

Les résultats de cette expérience ont montré que si cette route solaire était censée générer 800 kWh/jour, elle n’en produisait que 409 kWh/jour, soit 150 000 kWh/an.

Des résultats décevants

Une maison moyenne consomme environ 10 kWh/ jour. En divisant la puissance moyenne de la route solaire de Tourouvre-au-Perche par sa puissance maximale potentielle, il a été découvert que le facteur de capacité n’était que de 4%.

À titre de comparaison, la centrale solaire de Cestas, située près de Bordeaux, est composée de plusieurs rangées de panneaux solaires tournés vers le soleil. L’installation de ces panneaux solaires a coûté 360 millions d’euros qu’ils justifient avec une capacité de 300 000 kWh, soit 1 200 euros par kW, un dixième du prix de la route solaire, mais qui génère trois fois plus de puissance, avec un facteur de capacité de 14%.

Les panneaux solaires sur route présentent plusieurs inconvénients

Installer des panneaux solaires sur la route ne s’est pas révélé pratique du tout. D’une part, ils ne sont pas dans l’angle d’inclinaison optimal qui leur permet d’absorber efficacement la lumière du soleil. De plus, ils sont davantage exposés à l’ombre. Si 5% seulement de la surface d’un panneau solaire n’est pas exposée au soleil, cela réduira déjà de 50% la production d’énergie du panneau.

D’autre part, l’installation d’une route solaire nécessite des panneaux avec des verres beaucoup plus épais pour supporter le poids de la circulation. Seulement, cette épaisseur limite encore plus l’absorption de la lumière par les panneaux.

Le fait que les panneaux solaires sur route ne bénéficient pas de l’aération dont profitent les panneaux solaires sur les toits implique qu’ils sont inévitablement plus chauds. Or, à chaque degré celsius excédant la température optimale, le panneau solaire perd 0,5% de son efficacité énergétique.