Les satellites de Starlink mettent un beau bazar dans notre orbite

Starlink s’est donné pour mission de connecter le monde, le tout sans le moindre câble. Un projet ambition, mais qui semble avoir de sévères répercussions sur les activités dans l’orbite terrestre. Du moins si l’on en croit le rapport remis par Hugh Lewis, le chef du groupe de recherche en astronautique de l’Université de Southampton au Royaume-Uni.

Beaucoup pensent que l’orbite terrestre est un endroit vide et froid. Ce n’est cependant pas tout à fait exact. Depuis la mise en orbite des premiers satellites, le nombre de lancements a augmenté de manière exponentielle.

Une image montrant le logo de Starlink
Le logo de Starlink

Et à présent, ce sont donc des milliers de satellites qui flottent au-dessus de nos têtes.

Starlink oblige les opérateurs de satellites à modifier leur orbite

Leur présence là-haut n’est pas anodine. Les opérateurs chargés de leur gestion doivent en effet constamment s’assurer que leurs satellites n’entrent pas en collision avec d’autres engins spatiaux. Ils doivent donc les déplacer très régulièrement pour éviter des situations potentiellement dangereuses.

C’est évidemment un problème, d’autant que le nombre de satellites devrait continuer à croître. Et il semblerait que la constellation de Starlink n’arrange rien.

Hugh Lewis, l’homme à la tête du groupe de recherche en astronautique de l’Université de Southampton au Royaume-Uni, a en effet mené des recherches poussées afin de déterminer l’impact de cette constellation sur les activités en orbite terrestre.

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Un risque de collision de plus en plus élevé

Pour ce faire, il a choisi de se baser sur la base de données SOCRATES, pour Satellite Orbital Conjunction Reports Assessing Threatening Encounters un Space, un outil géré par Celestrack et qui donne des informations précises et détaillées sur les orbites des satellites en activité.

Il ne se contente d’ailleurs pas de fournir ces informations, puisqu’il est aussi capable de modéliser leur trajectoire dans le futur afin d’évaluer les risques de collision.

Or si l’on en croit les tweets partagés par Hugh Lewis, la situation risque de devenir très préoccupante à cause des mégaconstellations. Et notamment à cause de celle de Starlink.

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Une situation qui ne va pas s’arranger

En remontant dans les données de ces deux dernières années, Lewis a ainsi découvert que le nombre de rencontres enregistrées dans la base de données avait plus que doublé depuis la mise en orbite du premier satellite de la constellation Starlink. Pire encore, aujourd’hui, ce dernier représenterait à lui seul la moitié de toutes les rencontres listées.

Lewis va même plus loin en expliquant que les satellites de l’opérateur approcheraient les autres engins spatiaux à hauteur de 500 fois… par semaine. OneWeb, une autre entreprise dotée des mêmes ambitions, représente pour sa part 80 approches chaque semaine.

Ces chiffres sont bien entendu préoccupants, d’autant que la constellation de Starlink n’est pas complète. A l’heure actuelle, l’entreprise dispose de seulement 1 700 satellites en orbite. A terme, sa constellation en comprendra pas moins de 12 000. Et lorsque ce sera le cas, Lewis prédit que ces satellites représenteront 90 % de toutes les approches, avec un risque de collision qui devrait du même coup augmenter significativement.

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