Les scientifiques ont mis au point un superordinateur neuromorphique

Ce nouveau supercalculateur est sans conteste le PC le plus rapide de l’histoire de l’informatique. Mieux que n’importe quel autre ordinateur au monde, cette machine est conçue pour simuler des activités cérébrales humaines. Pour s’en assurer, les scientifiques tablent notamment sur 1 million de processeurs et un réseau vertigineux de 1 200 cartes de circuits interconnectées.

Baptisé SpiNNaker, la machine a la particularité de créer et de simuler des modèles de neurones. Entre autres tâches, le superordinateur simulera en temps réel des modèles de cortex, de noyaux gris centraux et bien d’autres régions du cerveau. En clair, le projet ouvre la voie vers la conception d’une IA capable de réfléchir comme un humain.

Cerveau

Steve Furber, membre du projet et professeur d’ingénierie informatique à Manchester, est convaincu que ce projet devrait permettre « repenser le fonctionnement des ordinateurs classiques. »

Et si le cerveau humain virtuel n’était pas qu’une fiction de cinéma ?

Les scientifiques collaborent avec l’Union européenne par le biais de l’Humain Brain Project. Les autorités européennes comprennent l’intérêt de développer le secteur de l’IA. L’Europe entend clairement construire un cerveau virtuel ayant les capacités d’effectuer les tâches complexes réalisées en temps réels par les neurones humains.

Le coup de pouce de Bruxelles a d’ailleurs permis à Furber et son équipe de doubler le nombre de processeurs initial qui était de 500 000. Les résultats sont satisfaisants puisque les modèles neuronaux créés sont très détaillés. À cela s’ajoute la grande rapidité du superordinateur capable d’effectuer 200 milliards d’actions simultanément.

Une architecture semblable au réseau neuronal humain ?

Si le cerveau humain est si complexe, c’est parce que 100 milliards de neurones envoient simultanément plusieurs signaux à des milliers de destinations. Tout l’enjeu de l’équipe de Furber n’était pas seulement de doter la machine d’un grand nombre de processeurs.

Il fallait aussi que ces processeurs interagissent en temps réel comme les neurones le font les uns avec les autres.

Furber explique que « Les supercalculateurs classiques ont moins des mécanismes de connectivité sont beaucoup moins adaptés à la modélisation cérébrale en temps réel. » Selon le scientifique, SpiNNaker se démarque du lot notamment par sa capacité à « modéliser des réseaux de neurones à pics plus importants en temps réel biologique. »