Les spermatozoïdes ne sont pas toujours sympas entre eux

Chez les souris, les spermatozoïdes se lancent dans une lutte acharnée pour féconder un ovule. Il y a quelques jours, des chercheurs ont découvert qu’ils n’ont pas les mêmes chances de réussite. En effet, certains d’entre eux partent avec un sérieux handicap causé par une mutation génétique.

Cette découverte est le fruit d’une étude menée par des généticiens de l’Institut Max Planck de génétique moléculaire. Elle a été publiée dans la revue PLOS One. On apprend grâce à elle que certains spermatozoïdes auraient plus de mal à atteindre leur objectif en raison d’un empoisonnement qui a lieu lors de leur formation.

n ovule entouré de spermatozoides
Photo de Thomas Breher. Crédits Pixabay

D’autres spermatozoïdes ont la chance de se former avec un antidote qui leur donne un sérieux avantage sur leurs congénères.

Une histoire de gènes et de toxine

Pour comprendre ce phénomène, il est nécessaire de se tourner vers ce que les chercheurs appellent un haplotype. Pour faire simple, il s’agit d’un ensemble de gènes qui se trouvent côte à côte sur un chromosome et qui sont transmis à la génération suivante. Il faut savoir que les gènes des haplotypes ne peuvent pas être répartis parmi la descendance, car ils sont inséparables.

En effectuant le génotypage des spermatozoïdes des souris, les chercheurs ont découvert qu’il existe un haplotype de type t/+ et un autre de type + chez les souris mâles. Leur observation a permis de découvrir que l’haplotype t/+ élimine les spermatozoïdes dotés d’un haplotype + car ils n’ont pas les mêmes gênes. Pour ce faire, il émet de la toxine. Les spermatozoïdes avec un haplotype t/+, quant à eux, disposent d’un antidote qui leur permet de lutter contre ce poison.

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Des spermatozoïdes avantagés par le RAC1

D’après les chercheurs, l’haplotype t/+ n’est pas le seul à influencer la rapidité des spermatozoïdes. Le gène RAC1 y serait également pour quelque chose. La généticienne Alexandra Amaral, qui a participé à cette étude, a déclaré que « la compétitivité des spermatozoïdes individuels semble dépendre d’un niveau optimal de RAC1 actives. »

Les spermatozoïdes qui ont un haplotype + reçoivent un taux trop élevé de RAC1. Cela les empêche de se diriger correctement et limite leur vitesse. Pourtant, comme le soulignent les chercheurs, ce gène « est essentiel pour diriger les spermatozoïdes vers les ovules. » Les spermatozoïdes de type t/+, quant à eux, n’ont pas ce problème.

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Ils ont la chance d’avoir leur antidote qui permet notamment de réguler leur niveau de RAC1.