Les voyages spatiaux ne sont pas bons pour le cerveau

Qui n’a jamais rêvé de pouvoir un jour faire un tour dans l’espace ? Certes, cela peut faire rêver, mais d’après un rapport publié le 24 octobre 2018 dans The New England Journal of Medicine, une équipe dirigée par la neuroscientifique à l’Université d’Anvers, Floris Wuyts, les voyages spatiaux ne seraient tout simplement pas bons pour le cerveau.

D’après des observations réalisées sur des cosmonautes qui ont été soumis à des IRM (Imagerie par Résonance Magnétique), les voyages dans l’espace auraient des effets indésirables sur le cerveau humain.

Cerveau astronaute

Ils réduiraient entre autres la matière grise et augmenteraient le volume du liquide céphalo-rachidien.

Pour émettre ces conclusions, l’équipe de Floris Wuyts s’est basée sur les résultats des examens cérébraux effectués sur dix cosmonautes russes.

Des examens réalisés après des mois dans l’espace

Les IRM qu’ont subies dix cosmonautes russes ont été réalisées un peu avant leur départ pour l’International Space Station (ISS) et environ neuf jours après leur retour sur Terre. Les examens ne se sont pas arrêtés là.

Sur les dix cosmonautes qui ont été examinés, sept ont subi d’autres examens 200 jours après leurs vols pour comprendre comment leurs cerveaux avaient encaissé l’expérience après un certain laps de temps.

Une perte de matière grise

Les cosmonautes qui ont été soumis à ces examens étaient tous âgés en moyenne de 44 ans. Les résultats de ces expériences ont permis à Floris Wuyts et à son équipe de voir que les voyages spatiaux entraînaient une perte allant jusqu’à 3,3% du volume de la matière grise. Néanmoins, les cosmonautes ont pu retrouver une partie de cette matière grise durant les 200 jours après leur retour sur Terre. Toutefois, le volume est resté inférieur à celui observé avant les vols.

En ce qui concerne le volume de liquide céphalo-rachidien dans lequel baigne le cerveau, le rapport de Floris Wuyts a indiqué qu’il avait augmenté durant le voyage spatial. Pour le moment, on ne sait pas si ces changements psychologiques ont une influence sur la capacité cognitive et/ou le comportement des cosmonautes. D’après Angélique Van Ombergen, chercheuse postdoctorale à l’Université d’Anvers, il n’est pas encore clair pourquoi la microgravité entraîne de tels changements.

Une première hypothèse suppose que la microgravité provoquerait le déplacement de fluides vers le torse et la tête car la gravité n’exerce pas sa fonction de pesanteur.