L’ESA va partir à la chasse aux dimensions parallèles

L’ESA s’intéresse de près aux ondes gravitationnelles et l’agence vient précisément d’approuver une mission entièrement tournée vers ces étranges phénomènes. Elle est programmée pour 2034 et elle nous permettra peut-être de prouver l’existence d’autres dimensions.

Einstein s’est longtemps intéressé à l’Univers et aux forces exercées par les corps le composant. Il avait fini par en déduire que ces corps étaient capables de plier le tissu de l’espace-temps.

Univers Parallèle ESA

Il n’en était cependant pas resté là et il avait également émis une hypothèse des plus intéressantes. Le célèbre physicien pensait effectivement que ces corps généraient également des ondes gravitationnelles s’étendant à travers les galaxies et les constellations.

L’ESA s’intéresse beaucoup aux ondes gravitationnelles

Bien sûr, à l’époque, il n’a pas été en mesure de le prouver puisqu’il ne possédait pas d’instruments suffisamment sensibles pour capter ces fameuses ondes.

La technologie a cependant connu un formidable bon en avant durant ces dernières décennies et des physiciens ont ainsi construit un observatoire entièrement dédié aux ondes gravitationnelles, un observatoire composé de deux installations situées en Louisiane et dans l’État de Washington.

Le LIGO, c’est son nom, s’appuie sur des lasers afin de détecter les ondes gravitationnelles. Des tunnels ont effectivement été creusés entre les deux installations et des miroirs ont été installés de chaque côté. Des lasers ont ensuite la charge de mesurer la distance entre les deux installations.

Les ondes gravitationnelles ont en effet le pouvoir de compresser et d’étendre l’espace-temps. En théorie, les physiciens du LIGO pensaient donc qu’elles pouvaient aussi modifier la distance séparant les miroirs de leur observatoire.

En septembre dernier, les chercheurs ont détecté pour la première fois des ondes gravitationnelles, des ondes générées par la fusion de deux trous noirs situés dans une galaxie lointaine. Ils ont donc pu vérifier – et valider – la théorie d’Einstein.

L’ESA s’intéresse beaucoup à ces questions et elle travaille depuis plusieurs années sur une mission baptisée eLISA, pour Evolved Laser interferometer Space Antenna. Particulièrement ambitieuse, elle vise à observer et étudier les ondes gravitationnelles de basse fréquence directement depuis l’espace, en s’appuyant sur plusieurs satellites spécialement développés à cet usage.

La NASA était d’ailleurs censée lui apporter son soutien, mais l’agence spatiale américaine a été contrainte de se désengager du projet suite à d’importantes restrictions budgétaires. La mission a donc pris pas mal de retard, mais l’ESA a décidé de poursuivre l’aventure et de reprendre les rênes en finançant toute l’opération.

L’ESA va déployer un interféromètre dans l’espace

Mark McCaughrean, un conseiller senior de l’agence, a récemment pris la parole afin d’annoncer une excellente nouvelle. La mission va bien se poursuivre et l’ESA a même obtenu le feu vert pour 2034.

eLISA n’est pas une mission anodine. Grâce aux moyens déployés, les chercheurs vont en effet pouvoir détecter des ondes gravitationnelles de basse fréquence, comprise entre 0,1 mHz et 100 mHz. Or ces dernières ne peuvent pas être observées par les interféromètres terrestres en raison des perturbations sismiques inhérentes à notre planète.

Bon, mais quel est le rapport avec les univers parallèles ?

Il est simple en réalité. Le mois dernier des chercheurs travaillant pour l’Institut Max Plank en Allemagne ont présenté une théorie très intéressante. Les deux hommes pensent en effet que les ondes gravitationnelles devraient nous aider à déterminer s’il existe réellement d’autres dimensions que la nôtre.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les univers parallèles ne fascinent pas uniquement les scénaristes de films et de séries.

Cette délicate question intéresse également les physiciens. Ces derniers se demandent en effet pourquoi la gravité est si faible par rapport aux autres forces fondamentales. Il existe de nombreuses théories tentant d’expliquer le phénomène et l’une d’entre elles a précisément trait à la chose.

Certains physiciens pensent en effet qu’une partie de la gravité fuite dans des dimensions supplémentaires situées au-delà de la nôtre.

Ils ne sont cependant pas encore parvenus à prouver cette thèse. Les deux chercheurs évoqués plus haut pensent donc que la clé de l’énigme réside dans les ondes gravitationnelles puisque ces dernières sont théoriquement capables de parcourir toutes les dimensions présentes dans l’Univers.

Mieux, ils ont même développé un modèle mathématique complet et ils pensent que leur théorie pourrait être prouvée – ou infirmée – grâce à des interféromètres plus sensibles.

Comme ceux sur lesquels travaille l’ESA, par exemple.

Bien sûr, l’agence européenne ne travaille pas sur eLISA dans cette optique particulière, mais elle s’est engagée à faire profiter toute la communauté scientifique des résultats obtenus lors de la mission. Cette dernière pourrait donc nous aider à déterminer si les dimensions parallèles existent réellement ou si elles ne sont rien de plus qu’un fantasme.

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