L’Etoile de l’Humanité de Rocket Lab est partie en fumée

Rocket Lab, une entreprise néo-zélandaise, a placé en orbite terrestre une sphère scintillante en début d’année, une sphère baptisée “Humanity Star”. Extrêmement lumineuse, elle avait en théorie pour but de pousser les habitants de notre petite planète à prendre du recul sur leur petite et insignifiante existence, mais elle a surtout provoqué le courroux des astronomes et de tous les mordus d’étoiles et d’exoplanètes.

Humanity Star se présentait en effet sous la forme d’une boule composée de pas moins de soixante-cinq facettes réfléchissantes capables de refléter les rayons de notre étoile afin de rendre l’objet visible par tous.

Sauver Terre

Compte tenu de sa taille et de sa structure, l’étoile artificielle pouvait en effet être vue à l’œil nu depuis toutes les zones survolées.

L’Étoile de l’Humanité a du plomb dans l’aile

Peter Beck, l’illustre PDG de Rocket Lab, avait décrit son étoile en ces mots : “Où que vous soyez sur Terre, peu importe ce qui se passe dans votre vie, tout le monde pourra voir cette étoile dans le ciel. Notre espoir est que chaque personne la regardant observe la vaste étendue de l’univers et réfléchisse différemment à sa vie, ses actes et ce qui est important pour l’humanité”.

L’idée était donc principalement de pousser chaque individu vivant sur cette planète à lever les yeux vers le ciel et à faire preuve d’un certain relativisme.

Mais voilà, l’initiative n’a pas fait l’unanimité au sein de la communauté scientifique, et ce pour une raison assez évidente. Pour observer les étoiles et les exoplanètes, les astronomes ont besoin de calme, certes, mais également d’un minimum de lumière. Si nos instruments sont suffisamment sensibles pour voir ce qui se passe dans les autres systèmes stellaires, ils peuvent aussi être facilement aveuglés par un objet comme cette étoile artificielle.

Une désintégration rapide

Caleb Scharf, le directement du département d’astrobiologie de l’université Columbia, avait même été encore plus loin en accusant Rocket Lab de chercher à faire la promotion de son entreprise à travers cette opération et il avait même comparé le lancement de cette sphère scintillante à une entreprise accrochant son slogan au sommet de l’Everest.

Rocket Lab, comme son nom le laisse raisonnablement supposer, verse en effet dans l’aérospatial et elle est spécialisée dans les fusées de petite charge. En lançant son étoile de l’humanité dans l’espace, elle s’est donc assurée de placer sa marque sous les feux des projecteurs. Beaucoup ont donc supposé que le geste de l’entreprise n’était pas tout à fait désintéressé.

À l’époque, le PDG de l’entreprise s’était défendu en indiquant que l’étoile artificielle avait une durée de vie limitée et qu’elle était de toute manière condamnée à se consumer dans l’atmosphère terrestre au bout de neuf mois.

Tout ne s’est visiblement pas passé comme prévu puisque la boule disco spatiale de l’entreprise s’est désorbitée plus tôt dans la semaine pour retomber ensuite en direction de la surface de notre planète. Elle n’a pas survécu à l’opération et elle s’est ainsi désintégrée en atteignant notre atmosphère, avec une avance de sept mois sur le planning initialement prévu par l’entreprise.

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