L’étoile extrasolaire venue visiter notre système a provoqué des perturbations sur certains corps

Le Soleil règne fièrement depuis des millions d’années sur notre système. Toutefois, alors que l’humanité commençait doucement à s’étendre à travers les continents, nous avons reçu la visite d’une autre étoile, une étoile qui a balayé les confins de notre système et qui a provoqué d’importantes perturbations sur certains corps.

D’après une étude publiée en 2015, cette fameuse étoile serait passée au niveau de notre système il y a environ soixante-dix mille années de cela.

JAXA

Lorsque les auteurs de cette étude ont découvert l’existence de cet étrange visiteur, ils ont supposé que cette visite impromptue n’avait eu aucune incidence réelle sur notre système.

Le système solaire a reçu la visite d’une autre étoile à l’époque

Intrigués, des astronomes travaillant pour l’Université de Cambridge et pour l’Université Complutense de Madrid ont cependant découvert que ce n’était pas tout à fait le cas et que le passage de cette étoile avait eu un impact sur les orbites de plusieurs corps de notre système, des corps originaires du très fameux nuage d’Oort.

En astronomie, cette expression désigne le vaste ensemble sphérique situé aux confins du système solaire et donc au-delà de l’orbite de nos propres planètes et de la ceinture de Kuiper.

D’après les études menées ces dernières décennies, ce nuage se situerait à plus d’un millier de fois la distance séparant le Soleil de la planète naine Pluton et il se trouverait entre une et deux années-lumière de notre astre.

Si le nuage d’Oort n’a pas été directement observé, les astronomes pensent que la plupart des comètes traversant notre système proviennent de cette lointaine zone. Edmund Halley lui-même avait évoqué la possible existence d’un “réservoir de comètes” situé aux confins du système solaire en 1705.

Plus tard, dans les années 50, l’astronome néerlandais Jan Oort a remis cette idée à l’ordre du jour dans une étude poussée portant sur une quarantaine de comètes observées entre 1850 et 1952, donnant ainsi naissance au nuage d’Oort.

Des perturbations enregistrées dans le nuage d’Oort

L’équipe formée par les chercheurs de Cambridge et de Computense a donc entrepris d’analyser les positions de plus de trois cents objets situés dans le système solaire externe et les astronomes ont alors eu la surprise de découvrir qu’une dizaine d’entre eux ne se trouvaient pas à l’endroit où ils auraient logiquement dû se trouver.

En croisant les données de ces corps, les chercheurs ont fini par supposer que ces objets avaient tous été influencés par le même corps, et donc par cette fameuse étoile extrasolaire.

D’après leurs calculs, l’astre en question serait en réalité l’étoile de Scholz, une naine rouge se trouvant actuellement à vingt années-lumière de notre propre position. En étudiant le déplacement des astres et en s’appuyant sur une simulation informatique, les scientifiques ont en effet déterminé que cette dernière était passée à 0,8 année-lumière de nous il y a soixante-dix mille ans de cela.

Si cette distance paraît importante à notre niveau, elle l’est beaucoup moins lorsqu’on raisonne à l’échelle stellaire. Dans ce contexte, le passage de cette étoile aurait parfaitement pu perturber l’orbite des corps situés dans le nuage d’Oort, donnant ainsi naissance aux irrégularités constatées par l’équipe scientifique en charge de l’étude.