L’étrange disparition de Gedhun Choekyi Nyima, la 11e réincarnation du panchen-lama

Le panchen-lama occupe une place très importante au Tibet. En effet, il s’agit du deuxième plus haut chef spirituel du bouddhisme tibétain, après le dalaï-lama. Le 17 mai 1995, le 14e dalaï-lama a désigné un garçon de 6 ans, nommé Gedhun Choekyi Nyima, comme la 11e réincarnation du panchen-lama.

Trois jours après cette annonce, le jeune garçon a été kidnappé par la Chine communiste. Pour se défendre, le gouvernement chinois a expliqué que cette décision découle d’un choix de la famille de Gedhun, qui voulait protéger leur fils.

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Depuis 1995, Gedhun Choekyi Nyima n’a plus donné signe de vie. Toutefois, il serait toujours en vie et mènerait une vie normale à Pékin.

Gedhun Choekyi Nyima aspire à une vie simple et paisible

Après avoir passé sous silence ce qui était advenu de Gedhun, le gouvernement chinois a fini par céder à la pression générale et a consenti à donner des informations sur le jeune garçon. En 2015, les autorités chinoises ont déclaré qu’il n’y avait rien à craindre. Celui qui devait prendre la place du panchen-lama mènerait désormais une vie paisible et aurait même suivi des études après son enlèvement.

Le gouvernement chinois a ajouté que Gedhun, aujourd’hui âgé de 31 ans, ne souhaite pas être dérangé. Malgré ces explications qui se veulent rassurantes, le gouvernement tibétain ne l’entend pas de cette oreille et exige que la Chine lui révèle l’endroit où se cache Gedhun.

Les États-Unis s’en mêlent

Même si cette affaire remonte à une vingtaine d’années, elle est loin d’être classée. En mai 2020, le gouvernement tibétain a adressé une lettre au gouvernement chinois dans laquelle il l’accuse notamment de violation des droits de l’Homme.

« L’enlèvement du panchen-lama par la Chine et le déni délibéré de son identité religieuse et de son droit à pratiquer dans son monastère n’est pas seulement une violation de la liberté religieuse, mais aussi une violation flagrante des droits de l’Homme. »

Mike Pompeo, le secrétaire d’État des États-Unis, s’est rangé du côté des Tibétains en reconnaissant leur droit de « choisir, éduquer et vénérer leurs chefs religieux selon leurs traditions et sans ingérence du gouvernement. »

Pour certains, l’enlèvement de Gedhun ferait partie d’une stratégie de la Chine pour pouvoir contrôler la succession du dalaï-lama.