L’Europe a récupéré nos données mobiles pour faire face au Covid-19

Pour lutter contre le Coronavirus, l’Europe a décidé de faire appel aux opérateurs mobiles européens. Le 30 mars 2020, le commissaire européen au Marché intérieur et au Numérique, Thierry Breton, a annoncé qu’il avait rencontré les représentants de huit grands opérateurs télécoms et que ces derniers étaient d’accord pour fournir à la Commission européenne les données de géolocalisation de leurs abonnés.

La Commission européenne compte se servir de ces données pour suivre de près l’évolution de la pandémie du coronavirus sur le territoire afin de mettre en place les mesures nécessaires pour endiguer la propagation du virus.

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La Commission peut compter sur les données que lui fourniront Orange, Vodafone, Deutsche Telekom, A1 Telekom Austria, Telecom Italia, Telenor, Telia et Telefonica.

Des mesures prises pour respecter la vie privée des utilisateurs

Le Contrôleur européen de la protection des données (CEPD) a tenu à rassurer les abonnés sur le fait que la récupération de ces données n’allait pas porter atteinte à leur vie privée étant donné que leur utilisation fera l’objet d’un encadrement strict.

Il est à noter qu’il s’agira de données « anonymisées et agrégées. »

« La Commission devra clairement définir l’ensemble des données qu’elle souhaite obtenir et assurer la transparence vis-à-vis du public afin d’éviter tout malentendu. » Wojciech Wiewiorowski, Directeur de le CEPD, a rajouté qu’ « Il serait également préférable de limiter l’accès à ces données à des experts autorisés en épidémiologie spatiale, en protection des données et en données scientifiques. »

Des données qui seront supprimées

Wojciech Wiewiorowski a tenu à « insister sur le fait qu’une telle solution doit être considérée comme extraordinaire. » Le CEPD a souligné que les données de géolocalisation fournies par les opérateurs télécoms seront tous supprimées lorsque la lutte contre le coronavirus prendra fin. Dans tous les cas, l’utilisation de ces données devra respecter le Règlement européen sur la protection des données (RGPD).

Plusieurs pays se servent déjà des données de géolocalisation pour garder un œil sur l’évolution de la pandémie. On citera notamment la Corée du Sud, la Russie ou l’Israël. Des sources affirment que les États-Unis seraient en pourparlers avec Facebook et Google pour obtenir les données de leurs utilisateurs.

De son côté, l’Italie utilise les données de géolocalisation pour s’assurer que la population respecte les mesures de confinement.

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