L’Europe est en retard en informatique quantique !

L’informatique quantique est une application de la physique quantique dans le domaine de l’informatique. Actuellement, les États-Unis et la Chine sont les pays les plus avancés dans le secteur de l’informatique quantique. Ils ont même proclamé qu’ils ont atteint la « suprématie quantique ». En d’autres termes, leur technologie est capable de résoudre des problèmes mathématiques pouvant nécessiter des millions d’années à un ordinateur standard.

La représentation d'une puce quantique.

Crédit : futura-sciences.com

La Chine a commencé à s’investir dans la technologie quantique vers 2015. En ces temps, le pays s’était inquiété du pouvoir de renseignement des Américains. En 2016, les avancées de l’Empire du Milieu ont réveillé les USA et en 2018, le président Donald Trump a réagi. Il a investi 1,2 milliard de dollars dans les recherches quantiques aux États-Unis.

Selon TechCrunch, l’importance géopolitique croissante de la technologie quantique serait la raison principale des récentes avancées dans le domaine. Face à la pression que mettent les États-Unis et la Chine, les États européens ont doublé d’effort.

Des revers de l’informatique quantique ?

Malgré les promesses qu’elle représente, l’informatique quantique a ses revers. L’un de ses plus grands inconvénients est qu’elle rendrait la cybersécurité actuelle de plus en plus obsolète. Munie d’un ordinateur quantique entièrement fonctionnel, une personne malveillante pourrait briser n’importe quelle clé de cryptage publique ordinaire.

Une clé de cryptage RSA de 2 048 bits, par exemple, est utilisée dans la sécurité des paiements en ligne. Pour la défaire, un ordinateur standard aurait besoin de 300 trillions d’années. Pourtant, avec un ordinateur quantique de 4 000 qubits stables, un tel processus ne prendrait théoriquement que 10 secondes.

Avec la menace que présente une telle technologie, l’Europe se doit de réagir. D’ailleurs, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France, les Pays-Bas, l’Autriche et la Suisse possèdent un bon potentiel. Leurs gouvernements investissent énormément dans les matériels et les logiciels d’informatique quantique, ainsi que dans la cryptographie quantique.

Des efforts considérables avec peu de résultats au niveau européen

Au Royaume-Uni, les recherches du pays dans la technologie quantique ont débuté en 2013, avant ceux des USA et de la Chine. À l’heure actuelle, l’Allemagne et la France se positionnent même juste après les États-Unis concernant les investissements publics dans cette technologie. Ils ont respectivement consacré environ 2 milliards et 1,8 milliard d’euros dans les recherches et développement quantiques.

En fait, il existe une raison principale pour laquelle l’Europe ne représente pas une concurrence sérieuse pour les États-Unis et la Chine. Les entreprises technologiques de premier plan sont peu nombreuses en Europe. De plus, les startups qui y émergent décident souvent de se développer ailleurs à cause du manque de capital risque.