L'”extinction perdue” qui a fait disparaître plus de 60% des mammifères africains

Récemment, des scientifiques ont découvert l’existence de ce qu’ils appellent l’ « extinction perdue », un phénomène qui a eu lieu en Afrique. Cet événement a commencé il y a de cela 34 millions d’années et a emporté la majorité des primates et des rongeurs. Les carnivores qui chassaient ces animaux ont aussi disparu petit à petit. Jusqu’ici, les scientifiques n’avaient aucune idée de l’existence de ce phénomène qui s’est étalé sur des millions d’années.

Selon les informations, cette période d’extinction a eu lieu entre deux ères géologiques distinctes qui sont l’Eocène et l’Oligocène. La première ère a commencé il y a 55,8 millions d’années et s’est terminée il y a 33,9 millions d’années. La seconde, elle, a commencé il y a 33,9 millions d’années pour finir il y a 23 millions d’années.

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Lorsque le climat d’effet de serre de l’Eocène a commencé à se transformer en climat glacial de l’Oligocène, les niveaux de la mer ont baissé et la glace de l’Antarctique est devenue plus épaisse. Au cours de cette période, près des deux tiers des espèces animales en Europe et en Asie se sont éteintes. Les scientifiques pensaient que les espèces africaines avaient été épargnées grâce à leur proximité avec l’équateur. Mais cette nouvelle découverte montre que ce n’était pas le cas.

Les méthodes utilisées par les chercheurs

Avec le peu d’indices provenant de cette époque, les chercheurs ne savaient pas vraiment ce qu’il s’est passé en Afrique lorsque les températures ont commencé à baisser. Toutefois, la nouvelle étude s’est penchée sur des lignées d’animaux, et cela a montré que le continent africain a également été grandement affecté.

Les scientifiques ont reconstruit des chronologies évolutives dans les arbres généalogiques de 5 groupes de mammifères africains. Ils se sont concentrés sur deux groupes de primates, deux groupes de rongeurs, ainsi que sur un groupe de carnivores aujourd’hui éteints, mais qui sont connus sous le nom de hyénodons.

D’après Erik Seiffert, professeur et directeur du Department of Integrative Anatomical Sciences à l’Université de Californie du Sud, et co-auteur, on n’a pas la même densité de registre de fossiles que sur les autres continents en Afrique. Ainsi, ils ont dû trouver un moyen d’extraire le plus d’informations possible, d’où la nouvelle approche.

Les scientifiques ont utilisé les fossiles qu’ils avaient sous la main pour retracer les diversités d’espèce et les pertes au cours du temps. Les résultats ont alors montré qu’il y a environ 34 millions d’années, la baisse de la température a décimé des branches entières des arbres généalogiques des mammifères considérés. La diversité des espèces n’a pas baissé de façon abrupte comme on peut le voir d’habitude au cours des extinctions globales. Le déclin s’est plutôt déroulé pendant des millions d’années jusqu’à ce que 63% des espèces dans les groupes de mammifères aient disparu.

L’après-extinction

Lorsque les groupes qui ont été étudiés ont recommencé à se diversifier, la plupart des nouvelles espèces ont évolué pour avoir de nouvelles caractéristiques qui n’étaient pas présentes avant l’extinction. On peut citer l’exemple d’espèces de primates et de rongeurs qui sont apparues durant l’Oligocène. Ces espèces avaient des formes de dents différentes de celles de leurs cousins déjà éteints. Cela montre que ces espèces se sont adaptées pour survivre dans des écosystèmes différents de ceux de leurs prédécesseurs.

On sait ainsi qu’il y a eu extinction entre les deux périodes géologiques. Pour ce qui est de la cause exacte, certaines preuves trouvées en Afrique et sur la péninsule arabique, provenant d’il y a 31 millions d’années, suggèrent autre chose. Des volcans actifs auraient pu créer un défi insurmontable pour la survie de ces espèces.

 

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