L’histoire de Fritz Haarmann, le boucher cannibale

Voici une histoire digne des plus grands films d’horreur, celle de Fritz Haarmann, connu en son temps comme étant le « Boucher de Hanovre », ou encore le « Vampire de Hanovre ». Avant de devenir un assassin, Haarmann a eu une enfance difficile. Dernier né d’une fratrie de six, il aimait rester à l’écart des autres enfants, surtout des garçons, jouait à la poupée et mettait des robes. Cela a conduit son père, connu sous le nom de « Sulky Olle », à l’envoyer dans une école militaire à l’âge de 16 ans pour essayer de l’endurcir. Il a toutefois été renvoyé chez lui quelques mois plus tard lorsque les militaires ont réalisé qu’il était épileptique.

Haarmann a été arrêté pour la première fois pour avoir agressé sexuellement de jeunes garçons alors qu’il travaillait à l’usine de cigare de son père. Interné dans un asile pour malades mentaux, il a réussi à s’échapper six mois plus tard et est allé se cacher en Suisse. Là-bas, il s’est fiancé à une jeune femme du nom de Erna Loewert qu’il a vite quitté pour aller effectuer son service militaire en Allemagne en 1900 alors qu’elle était enceinte.

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À cause de sa maladie, Haarmann a été hospitalisé pendant 4 mois en 1901 avant d’être renvoyé de l’armée en 1902. Il a ensuite réussi à échapper à son père qui voulait l’interner de façon permanente dans un asile. Il vécut alors avec la pension qu’il recevait de l’armée, mais commença peu à peu à s’essayer à des activités illégales comme des cambriolages.

Une succession de crimes

On peut dire que la vie de Haarmann a basculé en 1913 lorsqu’il a été arrêté par la police pour ses méfaits. En particulier, il a écopé de 5 ans de prison pour avoir cambriolé une maison à Hanovre. C’est durant cette période qu’il a rencontré un jeune proxénète de 24 ans du nom de Hans Grans qui a fini par devenir son amoureux. Il a ensuite emménagé avec lui à leur sortie de prison en 1918.

Libre, Haarmann devient membre d’un gang de contrebandiers, mais travaille aussi comme informateur de la police d’Hanovre. Alors qu’il occupe une telle position, il exécute son premier meurtre sur la personne du jeune Friedel Rohe en septembre 1918. Celui-ci avait fui sa maison, et son père, qui avait entendu dire que Haarmann recevait de nombreux jeunes, avertit la police que son fils avait des liens d’amitié avec lui. Les autorités ne voulaient pas enquêter sur Haarmann puisqu’il était leur informateur, mais ont quand même fini par lui rendre visite et l’ont découvert au lit avec un garçon de 13 ans. Il fut arrêté pour indécence avec un mineur, mais les agents n’ont pas remarqué que la tête de Rohe était en fait cachée derrière le poêle.

Les actions meurtrières de Haarmann ont ensuite continué vers le début des années 20. Avec l’Allemagne en pleine crise, il s’est mis à vendre de la viande à très bas prix au marché noir et a eu un certain succès. Ce que ses clients ne savaient pas, c’est qu’il attirait les jeunes garçons fugueurs chez lui en leur promettant de la nourriture et un refuge. Après les avoir nourris, il les tuait en leur mordant la trachée, abusait de leur cadavre, puis les découpait pour en faire des escalopes ou des saucisses. Les restes allaient dans la rivière Leine. On croit ainsi qu’il a tué près de 50 garçons pendant une période de 6 ans, avec la police qui ne voulait pas savoir ce que faisait leur informateur. D’après ce que l’on sait, certaines des victimes étaient choisies par Grans en fonction des vêtements qu’ils pourraient revendre.

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La fin du boucher

La fin de la carrière du « Boucher de Hanovre » a commencé lorsque des enfants ont découvert un crâne sur les bancs de sable de la rivière Leine en mai 1924. La police a ainsi dû porter son attention sur Haarmann lorsque 22 autres corps ont été découverts au fond de la rivière, et que celui-ci était connu pour recueillir les fugueurs. Ce sont deux détectives venant de Berlin qui ont mené l’enquête et ils ont pu découvrir Haarmann en train de s’attaquer à un jeune garçon dans un coin obscur de la gare. Il a été mis en prison pour laisser le temps aux autorités de fouiller son appartement.

Le domicile du boucher était rempli du sang de ses victimes et plus de 100 vêtements ont été retrouvés sur les lieux. Haarmann, quant à lui, ne semblait pas du tout regretter ses actes, répondant de façon naturelle qu’il ne savait plus combien il avait tué d’adolescents, disant seulement qu’il y en avait probablement entre 50 et 70. Devant le tribunal, il fumait et insultait le public. Finalement, il a été reconnu coupable de 24 meurtres et a été décapité le 15 avril 1925. Sa tête a été remise à l’école médicale de Göttingen où elle est restée jusqu’à son incinération en 2015.

L’histoire de Haarmann a plus tard inspiré un film intitulé M qui raconte l’histoire d’un tueur s’attaquant à de jeunes enfants dans une grande ville d’Allemagne. Mais l’histoire du boucher a également créé une vague d’homophobie dans le pays à cause des actes que lui et Grans avaient commis. Cette vague d’homophobie était déjà un prélude à ce que les nazis allaient faire plus tard aux homosexuels.

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