L’histoire de Hasekura Tsunenaga, le samouraï qui a voyagé à travers le monde

Hasekura Rokuemon Tsunenaga était le premier Japonais à avoir dirigé une mission diplomatique en Europe et en Amérique. Ce samouraï-diplomate aurait vécu entre 1571 et 1622. En 1613, son père a été condamné à mort pour corruption et tout ce qui lui appartenait a été confisqué. Pour rétablir l’honneur de la famille, le futur diplomate s’est mis au service de Date Masamune, roi de Woshu, dans l’empire du Japon.

Afin de transmettre ses messages au pape Paul V, Masamune a ordonné la construction d’un navire, le San Juan Bautista.

La photo d'un samouraï

Photo de Barthelemy de Mazenod – Unsplash

Par la même occasion, il a engagé Hasekura pour négocier un accord commercial avec le roi d’Espagne et pour demander au Vatican d’envoyer des missionnaires au Japon. Le roi souhaitait catholiciser son peuple.

Le grand navire a été monté en seulement 45 jours. Le 28 octobre 1613, il a quitté Toshima-Tsukinoura pour traverser le Pacifique et parvenir à Acapulco. Le samouraï s’est alors retrouvé à la tête de 180 personnes.

Il a été baptisé avant de devenir un citoyen romain

Après trois mois de voyage en mer, toute la délégation japonaise a été reçue avec une prestigieuse cérémonie à Acapulco, au Mexique. En prenant le cap pour sa mission en Europe, Hasekura n’a emporté que 30 personnes avec lui et a changé de navire à La Havane, à Cuba.

L’ambassadeur a débarqué à Séville en octobre 1614, mais il n’a rencontré le roi qu’en janvier 1615. À cette époque, il a été baptisé sous le nom de Felipe Francisco Hasekura. Pour atteindre l’Italie, les Japonais ont dû faire escale à Saint-Tropez, en France. Leur visite a été enregistrée dans les chroniques de la ville.

En novembre 1615, Hasekura a enfin rencontré le pape Paul V et lui a remis deux lettres dorées en japonais et en latin. En contrepartie, le Sénat lui a accordé la citoyenneté romaine en plus d’un titre honorifique.

Les Européens ont gardé une certaine réserve à l’égard des demandes d’Hasekura. Le fait est que, au même moment, c’est-à-dire en 1616, le nouvel empereur Tokugawa Hidetada a imposé le Sakoku sur tout le territoire japonais. Il s’agit d’une politique d’isolement, hostile à toute activité étrangère.

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Le roi n’a pas été satisfait

Avant de rentrer, les Japonais ont profité de ce voyage pour visiter toute l’Europe. Ils ont aussi fait un petit détour aux Philippines pour faire des achats. Le reste de la délégation a atteint le port de Nagasaki, en août 1620, puisque certains ont décidé d’y rester.

Le retour d’Hasekura à Sendai a déclenché la fureur de Masamune. Son compte-rendu sur la « grandeur des Occidentaux » aurait déplu au souverain japonais. D’ailleurs, il a choisi de renier sa foi à cause de la persécution des chrétiens.

La cause de la mort d’Hasekura est encore inconnue, tout comme le véritable emplacement de sa tombe. Néanmoins, mais les historiens pensent qu’il a gardé sa foi chrétienne et l’a transmise à sa famille. Des statues qui lui sont dédiées ont été érigées dans plusieurs pays et quelques-uns de ses objets personnels sont conservés dans les musées de la ville de Sendai.

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