L’histoire de Mary Mallon, la femme qui a passé presque toute sa vie en quarantaine

Mary Mallon est née le 23 septembre 1869 et elle s’est éteinte le 11 novembre 1938 des suites d’une pneumonie. Mais elle est surtout connue pour avoir été la première porteuse saine de la fièvre typhoïde sur le territoire américain, ce qui lui a valu de passer une bonne partie de sa vie en quarantaine.

Mary Mallon est née à Cookstown, en Irlande du Nord. Elle passera une quinzaine d’années sur place avant d’émigrer vers les États-Unis.

une cuisinière rétro

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En 1900, après plusieurs petits boulots, elle finit par trouver une place de cuisinière à Mamaroneck.

Mary Mallon, la cuisinière qui a semé la mort dans son sillage

Au début, tout se passe bien, mais la situation prend une nouvelle tournure deux semaines plus tard lorsque ses employeurs contractent la fièvre typhoïde.

Cette maladie infectieuse a été découverte en 1818 par Pierre Bretonneau et elle est causée par une bactérie spécifique de la famille des Entérobactéries. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, elle n’a pas disparu et l’OMS estime ainsi le nombre de personnes atteintes entre 11 et 21 millions par an. Plusieurs centaines de milliers de personnes en mourraient chaque année.

Mary Mallon quitte donc son emploi et part vivre à Manhattan, où elle trouve un poste de cuisinière dans une famille bourgeoise. Très vite, les membres de la famille commencent à souffrir de fièvres et de diarrhées. L’une des employées finit par mourir. Mary décide une fois de plus de changer de travail.

Elle passe alors dans la famille d’un avocat, puis dans celle d’une famille de Long Island, laissant sur son sillage des dizaines de personnes souffrant de la fièvre typhoïde et présentant les mêmes symptômes.

Une première mise en quarantaine de 3 ans

Mary Mallon continue à aller de famille en famille pendant quelques années, mais l’histoire prend une toute nouvelle tournure durant l’hiver 1906.

Une des familles touchées décide en effet de recourir aux services de George Soper, un spécialiste des épidémies, afin de trouver la cause de la contagion. Après plusieurs semaines de recherche, ce dernier finit par lier l’épidémie à une cuisinière âgée d’une quarantaine d’années. Mary, bien sûr.

Soper parvient très vite à retrouver sa trace et il lui demande alors de se soumettre à des prélèvements afin de vérifier sa thèse. Mary refuse. L’homme revient à la charge deux fois durant les semaines suivantes, sans succès.

Très vite, les autorités sanitaires de la ville de New York finissent par avoir vent de l’histoire et elles envoient alors un nouveau médecin parler à Mary Mallon. Une femme, comme elle : Sara Josephine Baker. Mais une fois de plus, la cuisinière lui claque la porte au nez, accusant les autorités de persécution.

Libérée, elle récidive

Sara Josephine Baker revient cependant quelques jours plus tard, en compagnie de plusieurs policiers. Ils forcent alors Mary à faire des prélèvements, l’identifiant ainsi comme la toute première porteuse saine de la fièvre typhoïde.

Pour limiter la propagation de la maladie, les autorités placent Mary en isolement pendant trois ans dans une clinique située à North Brother Island.

Puis, Eugene H. Porter, le chef du département de la santé de l’état, décide de relâcher les porteurs de maladies en isolement. Mary est libérée, avec pour ordre de ne plus exercer comme cuisinière et de prendre toutes les précautions pour éviter de contaminer son entourage. Elle accepte et elle rentre en ville.

Au début, Mary se plie aux ordres. Elle trouve une place de lingère, qu’elle garde pendant plusieurs mois. Mais, très vite, elle réalise qu’elle ne pourra jamais gagner autant et elle prend alors une nouvelle identité pour exercer de nouveau comme cuisinière.

Des dizaines de personnes contaminées

En 1915, 25 personnes trouvent la mort après avoir contracté la fièvre typhoïde et les autorités établissent très vite un lien avec Mary. Cette dernière est alors placée en détention et renvoyée sur l’île, où elle reste confinée jusqu’à la fin de sa vie. Par la suite, elle travaillera pendant quelque temps pour le laboratoire de la clinique, mais elle s’éteindra le 11 novembre 1938 à l’âge de 69 ans des sites d’une pneumonie.

Après autopsie, les médecins découvriront la présence de bactéries de la fièvre typhoïde dans sa vésicule biliaire. Le corps de Mary sera ensuite incinéré.

Si l’histoire de Mary Mallon a autant fasciné, c’est principalement en raison du fait qu’elle a été la première porteuse saine de la fièvre typhoïde identifiée. Et à l’époque, bien sûr, les médecins n’avaient aucun protocole et ils ne savaient donc pas comment gérer de tels cas. Par la suite, d’autres porteurs sains seront identifiés, mais aucun n’aura causé autant de dommages que Mary.

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