L’histoire de Templo Mayor, le temple aux crânes

Il y a plusieurs siècles, une grande pyramide à degrés se dressait au centre de Tenochtitlan, la capitale des Aztèques. Connu sous le nom de Templo Mayor (« Grand Temple » en espagnol) ou encore « temple aux crânes », c’était le lieu d’offrande par excellence des Mexicas.

Selon certains archéologues, au cours des quatre jours de sa reconsécration en 1487, entre 3 000 à 84 000 personnes y furent sacrifiées.

Une photo de Templo Mayor

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Les chercheurs ont appris son existence grâce à des chroniqueurs du XVIe siècle, comme Bernal Díaz del Castillo et Bernardino de Sahagún. Par la suite, ils ont commencé à retrouver des artefacts associés au site. Néanmoins, ce n’est qu’à partir de 1978 qu’ils ont mis au jour les fondations de l’édifice de 45 m de haut.

Au sommet de cette pyramide à double escalier se trouvent deux sanctuaires dédiés à deux différentes divinités. Il s’agit du dieu tribal des Aztèques Huitzilopochtli, et de la grande divinité panmésoaméricaine Tlaloc.

Sept phases de construction distinctes

À partir des fouilles effectuées sur les lieux, les experts ont distingué sept étapes de construction du monument. Comme les peuples aztèques avaient coutume d’enterrer leurs morts au-dessus des tombes des précédents, la pyramide avait des couches superposées. Les travaux se seraient étalés entre 1375 et 1519.

Le niveau de la nappe phréatique à Mexico rend quasi improbables les fouilles de la « fondation mythique » du Grand Temple. On en sait, par contre, un peu plus sur la seconde couche, qui abrite les statues des deux dieux et un autel destiné aux sacrifices. La pierre d’offrande se dresse face à celle de Huitzilopochtli.

Dans la troisième phase, les chercheurs ont découvert une série de statues qui seraient liées au règne d’Itzcoatl. La phase suivante correspondrait à ceux des empereurs Moctezuma Ier et Axayacatl. Elle comporte de grands braseros symbolisant les divinités. La sixième phase de construction est attribuée à l’empereur Ahuitzotl. Trois bâtiments annexes y subsistent encore.

Il ne reste quasiment plus rien de la cinquième et de la septième phase.

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Une guerre rituelle pour alimenter le Soleil en sang humain

Les sacrifices, pratiqués régulièrement et parfois en masse sur le lieu, auraient été faits par cardiectomie. Il s’agit d’une pratique qui consiste à extraire le cœur du sujet sacrifié. Techniquement, le but est de retirer le cœur encore palpitant de sa cage thoracique. Pour ce faire, la personne qui exécute le rituel se sert d’outils en silex ou en obsidienne.

Notons que les sacrifices chez les Aztèques correspondaient essentiellement à la croyance que le soleil devait régulièrement être alimenté en « Chalchiuatl » (« eau précieuse »), qui désigne le sang humain.

Certains scientifiques ont contesté la possibilité matérielle de sacrifier entre 3 000 à 84 000 personnes en quatre jours seulement. Toutefois, d’après ceux qui soutiennent la théorie, l’hécatombe aurait coïncidé à un tournant idéologique liée à une grande famine qui a eu lieu vers 1450. Ce nombre incroyablement élevé pourrait alors s’expliquer par l’institution de la « guerre fleurie ». C’était une forme de guerre rituelle dont le but était de capturer les guerriers adverses pour les sacrifier.

Mots-clés archéologie