L’histoire des révoltés du Pearl, la plus grande tentative d’évasion d’esclaves de l’histoire américaine

La tentative d’évasion des 77 esclaves à bord du Pearl est devenue une inspiration  abolitionniste pour toute l’Amérique. Rappelons que les mutins se sont fait attraper deux jours après être montés secrètement sur la goélette.

Ils ont connu un sort encore plus sombre que celui prévu, en guise de punition. Néanmoins, d’une certaine manière, cet incident a conduit à l’émancipation, voire la fin de l’esclavage.

Une chaîne luisant au soleil

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En 1848, Washington était un centre administratif et commercial, surtout en matière d’esclaves. La ville possédait des dizaines d’enclos et de marchés dédiés à cette activité. Par contre, cette année-là, elle a connu la plus effrontée évasion que la nation n’ait jamais connue. Cette subversion héroïque a enflammé le sentiment abolitionniste dans toute l’Amérique.

À cette époque, les esclaves enchaînés défilaient régulièrement devant la Maison-Blanche et le Capitole en direction des marchés d’esclaves de Virginie, du Maryland, et des plantations du Sud.

Une lueur de liberté

Pour la petite histoire, c’était Daniel Bell qui a conçu le plan d’évasion. Il travaillait en tant que forgeron au Washington Navy Yard. Toutefois, sa femme, Mary, et ses six enfants sont restés esclaves après qu’il ait obtenu sa liberté. En échange d’une certaine somme d’argente, Robert Armistead, leur propriétaire, a enfin libéré Mary et réduit le temps d’esclavage de leurs enfants.

Cependant, la veuve d’Armistead a déposé un inventaire de ses biens et a encore inscrit les enfants comme étant esclaves. Les parents ont lutté au tribunal pour la libération de leurs enfants, mais en vain. Lorsqu’ils ont perdu l’affaire, ils ont décidé d’agir autrement, en contactant un capitaine de navire abolitionniste à Philadelphie, Daniel Drayton.

Ce dernier a accepté d’affréter le Pearl et de faire passer en fraude des esclaves vers les États libres du Nord. Pour le coup, Bell a été pistonné par un ancien esclave nommé Paul Jennings. La nuit du 15 avril, Drayton a transporté les fugitifs, accompagné de son collègue, le capitaine Edward Sayres, pour cent dollars. 63 adultes et 14 enfants sont montés à bord de la goélette.

Un valeureux sacrifice pour le peuple noir d’Amérique

Le lendemain matin, un esclavagiste nommé Dodge a remarqué la disparition de plusieurs esclaves et rassemblé une bande de chasseurs à bord de son navire à vapeur, le Salem, pour les traquer. Ils ont rattrapé les fugitifs à Cornfield Harbor et sont montés à bord du Pearl. Les 77 passagers ont été mis aux fers et le navire a été remorqué jusqu’à Washington.

Après cette évasion, la vente d’êtres humains a été interdite par le Congrès. En plus, Abraham Lincoln a libéré tous les esclaves de la capitale en 1862, mettant fin à ce sombre chapitre de l’histoire des États-Unis.

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