L’histoire des roches “impossibles” de l’île d’Anjouan

Les géologues essaient toujours d’expliquer la provenance des « roches impossibles» trouvées sur Anjouan. Cette île tropicale isolée, située entre la côte est de l’Afrique et Madagascar, est un membre autonome de l’Union des Comores. Cette masse terrestre existe depuis environ quatre millions d’années après des éruptions volcaniques. Normalement, elle devrait être composée de basalte, un rocher de couleur sombre dérivé de la lave.

Cependant, une masse rocheuse de couleur claire est présente partout. Le quartzite, une forme convertie de grès, est le composant principal de la géologie de l’île.

ile

Crédits Pixabay

Cet élément ne provient pas des volcans. Les scientifiques estiment que cela n’a pas de sens, car elle sortait d’une faille volcanique au fond de l’océan.

« Ceci est contraire à la tectonique des plaques. Les corps de quartzite n’appartiennent pas aux îles volcaniques », a déclaré Cornelia Class, un géochimiste de l’Université Columbia.

Depuis près d’un siècle, diverses explications ont été avancées.

C’est presque une demi-montagne 

L’année dernière, une équipe de chercheurs s’est rendue sur les lieux afin de prendre quelques échantillons de ce rocher. Des pavés de quartzite pâle en contraste avec les roches basaltiques gris-noir dominent le paysage. En haut des crêtes, les blocs sont énormes et beaucoup plus nombreux.

« Nous avons découvert une traînée de morceaux de quartzite alors qu’il n’y a rien à cet endroit qui pourrait l’aider à se former», a rapporté Kevin Krajick, dans le journal « State of the Planet », de l’Université de Columbia. Celui-ci faisait partie de l’expédition.

Les chercheurs reconnaissent l’ampleur de leur étude en apprenant que la matière couvre le long du terrain montagneux d’Anjouan. De leur côté, les habitants de l’île n’accordent pas trop d’importance à ce phénomène inexpliqué.

« C’est presque une demi-montagne », a expliqué Class en estimant la taille de la découverte. « Nous les trouvons partout lorsque nous plantons du manioc. Les gens les utilisent pour aiguiser leurs couteaux », a confié Ali Saindou, un Anjouanais.

Jusqu’à présent, le travail de l’équipe n’a pas encore été publié ni examiné par d’autres scientifiques, car la recherche n’a pas encore été finalisée. Néanmoins, Class a déjà une hypothèse sur l’origine de ces roches. Effectivement, elle a découvert que le quartzite n’était qu’un morceau de basalte blanchi par le soleil. Celui-ci se trouve toujours dans une région surélevée et exposée.

Une minuscule partie du Gondwana

L’autre explication remonte à des centaines de millions d’années, quand le supercontinent « Gondwana » s’est éclaté. D’après celle-ci, un morceau de roche, y compris le quartzite, s’est séparé des grandes terres.

À la naissance de l’île, la partie a été ramenée avec le basalte sur le lieu. Si cette hypothèse est confirmée, Anjouan serait la seule qui abrite encore un morceau de l’ancien supercontinent.

« C’est ce que la nature présente, parfois. Dès qu’on a découvert quelque chose considéré comme impossible, il faut lui trouver une explication », a expliqué Class à Live Science.

Actuellement, les chercheurs ont poussé un peu plus les analyses en datant le quartzite et en essayant de connaitre sa quantité exacte. Le volcan qui a donné naissance à Anjouan s’est éteint il y a longtemps, mais d’autres, totalement inconnus, pourraient faire surface.

Mots-clés géologieinsolite