L’homme qui a tenté d’épouser son ordinateur en a maintenant après le porno en ligne

Chris Sevier n’a pas un parcours ordinaire. Habitué des polémiques, il a ainsi tenté d’épouser son ordinateur portable en début d’année pour protester contre le mariage homosexuel. Désormais, il compte s’attaquer à la délicate question de la pornographie en ligne en demandant la mise en place d’une taxe dans tous les foyers américains.

Chris Sevier a commencé à faire parler de lui en 2013 après avoir déposé une plainte en Floride, une plainte visant son propre MacBook.

Facepalm

L’homme avait en effet accusé son ordinateur d’être responsable de sa dépendance à la pornographie en ligne.

Chris Sevier, un parcours compliqué

Suite à une erreur de saisie, Safari l’avait en effet redirigé vers un site pour adultes alors qu’il souhaitait simplement accéder à Facebook. Compte tenu ds dommages psychologiques occasionnés, Sevier avait donc demandé des dommages et intérêts à l’encontre du constructeur de son ordinateur.

Inutile de le préciser, mais sa plainte n’avait pas vraiment été prise au sérieux et le tribunal a rapidement clos le dossier.

Toutefois, l’incident a suffi à le placer sous les feux des projecteurs. Fort de cette notoriété nouvellement acquise, l’étudiant a réitéré l’expérience au cours des trois années suivantes en déposant une nouvelle requête auprès des tribunaux de Floride, du Texas et de l’Utah, une requête visant tout simplement à ce que son MacBook soit officiellement et juridiquement reconnu comme… son épouse.

Si Sevier a déposé cette requête, ce n’est cependant pas uniquement pour se mettre en avant. Dans son ordonnance, le juge chargé du dossier avait en effet déclaré que cette requête avait principalement pour but de renverser une décision de la Cour suprême des États-Unis, une décision légalisant le mariage homosexuel à l’échelle nationale.

Une mesure visant à interdire les contenus pour adultes

Une fois encore, ces trois tribunaux ont refusé d’accéder à sa demande. L’étudiant avait alors promis de faire appel de la décision.

Il faut croire que ses plans ont changé entre-temps. Sevier s’est en effet trouvé un nouveau cheval de bataille et il a ainsi choisi de porter une mesure visant à créer un filtre pour bloquer la pornographie sur la toile, un filtre pouvant cependant être désactivé en échange d’une taxe de 20 $ payable par tous les foyers américains.

Sevier et ses soutiens estiment en effet que la pornographie représente un danger direct pour les internautes, enfants comme adultes. Compte tenu des dangers encourus, ils demandent donc la mise en place d’un filtre à l’échelle nationale afin d’empêcher tous les Américains d’accéder à ces contenus… du moins pas sans payer cette fameuse taxe.

Afin de mettre sa mesure en avant, Sevier a choisi de lui donner le nom d’une adolescente de 14 ans enlevée en 2002 : Elizabeth Smart.

À l’époque, son ravisseur l’avait en effet contrainte à regarder des films pornographiques en la violant. L’affaire avait fait beaucoup de bruit à l’époque, notamment au travers du procès qui a suivi l’enlèvement. Depuis, Elizabeth Smart est parvenue à se reconstruire et elle a même publié un livre en 2013 après avoir rejoint les rangs des animateurs de l’émission Good Morning America.

Elizabeth Smart n’a pas apprécié « l’hommage », bien entendu, et elle a pris la décision de déposer une plainte pour que son nom ne soit pas associé aux mesures défendues par Sevier et ses partisans.

Aussi étrange que cela puisse paraître, plusieurs figures politiques ont pris la décision d’appuyer le projet, que ce soit dans le camp républicain ou dans le camp démocrate.

L’EFF, de son côté, s’est montré très critique envers la mesure, une mesure qualifiée de liberticide et d’anticonstitutionnelle.