Licencié pour avoir ouvert un fichier Excel dans Numbers

Buffalo Grill ne plaisante pas avec la confidentialité de ses données. L’enseigne a en effet licencié le directeur d’un de ses restaurants, car ce dernier a accédé par inadvertance à des infos sensibles en ouvrant un fichier Excel avec… Numbers. L’affaire est en train d’être jugée aux Prud’hommes et elle commence à faire pas mal de bruit.

L’homme, dont l’identité n’a pas été divulguée, travaille depuis une dizaine d’années pour l’enseigne et il a gravi un à un tous les échelons pour finir par devenir le directeur du restaurant d’Ollioules, une commune de quelques milliers d’habitants située dans le Var.

Licenciement Numbers

Un homme a été licencié pour avoir fait sauter les protections d’un fichier Excel en l’ouvrant dans Numbers.

Souhaitant préparer le budget prévisionnel de son établissement au calme, il a ramené chez lui un fichier Excel envoyé par la chaîne.

Il voulait simplement travailler sur le budget prévisionnel de son restaurant

Un fichier habituellement composé de huit onglets. Ce point a d’ailleurs son importance, comme nous le verrons un peu plus loin.

Il l’a ensuite ouvert sur son MacBook personnel, avec Numbers, et il a eu la surprise de se retrouver face à pas moins de vingt-deux onglets différents, soit quatorze de plus. Le plus surprenant reste à venir, car les onglets en question contenaient les salaires de tous les membres du groupe, soit un peu plus de 6 700 personnes.

Buffalo Grill a rapidement eu vent de l’affaire et la chaîne a finalement décidé de le licencier pour faute grave.

Elle lui reproche notamment d’avoir pris connaissance des éléments de salaires des membres de l’équipe en procédant au déverrouillage du fichier de manière volontaire, mais aussi d’avoir répandu ces informations au sein de l’équipe de son restaurant.

L’homme est tombé des nues en découvrant la lettre de son employeur et il a immédiatement contacté son avocat afin de lancer une procédure auprès du conseil de prud’hommes de Toulon.

L’affaire a été portée devant les prud’hommes

Me Julien Besset estime pour sa part que son client ne s’est rendu coupable de rien. Pour lui, le problème vient essentiellement du manque de sécurisation de ce fameux fichier. Il a également attiré l’attention des conseillers sur le fait que le cadre a alerté la direction de cette faille plusieurs jours avant sa mise à pied et l’envoi de cette fameuse lettre.

Dans ce contexte, il estime que le licenciement de son client s’est fait sans cause réelle.

Me Frédéric Sauvain, l’avocat du groupe, a maintenu la position de Buffalo Grill et il a notamment déclaré que le cadre n’avait pas prévenu tout de suite sa hiérarchie comme il aurait dû le faire. Il estime également que la loyauté vis-à-vis de l’employeur a été bafouée puisque l’homme a parlé de sa découverte à d’autres salariés du groupe.

En attendant, le responsable informatique de Buffalo serait, lui, toujours en poste.

Le jugement est attendu pour le 31 mars 2017.

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