L’idée bizarre de ce médecin russe pour tester l’hypothèse d’une immunité au Sars-CoV-2

La question de l’immunité au Sars-CoV-2 fait, comme vous le savez, l’objet d’un débat soutenu au niveau de la communauté scientifique. Justement, pour se faire sa propre opinion sur le sujet, Chepurnov, un médecin russe âgé de 68 ans, a intentionnellement décidé de se réinfecter pour connaître le fin mot de l’histoire.

Ce médecin aurait en effet été infecté par le coronavirus une première fois au mois de mars, à une période durant laquelle il n’avait pas encore d’épidémie notable en Russie. Il aurait alors présenté de la fièvre et des douleurs thoraciques, associées à une perte soudaine de l’odorat. Au début, on lui aurait diagnostiqué une pneumonie, le diagnostic d’une infection au Sars-CoV-2 venant plus tard après la mise en évidence d’anticorps du COVID-19 via des tests d’anticorps.

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Chepurnov a ensuite décidé de s’infecter une deuxième fois, chose faite environ six mois après le premier épisode. Et apparemment, les symptômes se sont révélés bien pires qu’auparavant.

Se réinfecter pour tester si une immunité au virus est effective

Après la première infection, les anticorps du docteur Chepurnov, surveillés par lui-même et son équipe de recherche de l’Institut de médecine clinique et expérimentale de l’Académie russe des sciences, avaient rapidement chuté pour disparaître complètement au bout de trois mois.

Pour tester l’hypothèse d’une immunité, le médecin a donc décidé de passer du temps sans porter de masque avec des patients testés positifs au COVID-19. Un test de réinfection a été réalisé toutes les deux semaines et une séroconversion a été détectée six mois après le premier épisode, avec des symptômes de la maladie plus intenses qu’auparavant.

Pour information, d’autres cas de réinfection avec des symptômes plus graves survenus quelques mois après un premier épisode ont déjà été signalés, avec un cas documenté de décès chez une patiente âgée.

Les conclusions du docteur Chepurnov à l’issue de son expérience

L’expérience confirme d’autres théories selon lesquelles l’immunité persiste jusqu’à au moins 5 à 7 mois, même après la disparition des anticorps du Sars-CoV-2. D’autres composants du système immunitaires notamment les cellules T, sont probablement à l’origine de ce prolongement de l’immunité.

Par ailleurs, d’après ces résultats, comme l’immunité dure moins d’un an, il est possible que d’autres injections de rappel soient nécessaires après les premières doses de vaccin, dans le cas où l’on arrive à en produire un.

Ce genre d’expérience, qui n’est pourtant pas sans fondement, n’est pas spécialement approuvé par de nombreux spécialistes, en particulier dans les pays occidentaux. Justement, d’après Newsweek, il n’existe aucune preuve que la première infection était bien une infection au Sars-CoV-2, d’autant que le dispositif expérimental et les mesures scientifiques appliquées n’ont pas été publiés.

Cela étant, si les conclusions du docteur Chepurnov sont exactes, elles confirment que le recours à une approche d’immunité collective pour vaincre la pandémie, à long terme, est à proscrire.