L’imprimante 3D : de l’utopie à la réalité

L’imprimante 3D semble être l’une des plus grande innovation technologique de notre époque. Pourtant elle existe bel et bien depuis les années 90. Sa performance et sa puissance de production se sont fortement améliorées depuis lors.  Conçue pour les industriels, aujourd’hui elle s’est démocratisée et est accessible pour les particuliers, pour un prix d’entrée de 375 euros environ.

L’imprimante peut avoir un impact profond et structurel sur nos sociétés. L’imprimante existe depuis les années 90 créée sous l’impulsion d’Emmanuel Sachs du MIT “Massachusetts Institute of Technology”. Inspirée de la technique  de la stéréolithographie, l’imprimante 3D fonctionne en imprimant et en superposant plusieurs couches d’un matériau jusqu’à obtenir un objet réel. C’est une technique de fabrication additive, permettant de produire un objet réel à partir d’un fichier numérique 3D. L’utilisation de l’imprimante 3D était à l’origine un moyen de réaliser des prototypes pour les industriels rapidement et à faible coût. Nous assistons à la démocratisation de cette technologie. Il est possible d’en acheter une pour 375 euros chez le fabricant Solidoodle.

Imprimantes 3D

La grande révolution de cette technologie concerne les moyens de production. Désormais, un particulier est capable de produire un objet réel chez lui ou dans un atelier prévu à cet effet. Ainsi, les individus ne sont plus tributaires des entreprises  de production. L’impression 3D accomplit l’un des rêves de Marx, celui de se réapproprier les moyens de production. Cela remet en question la propriété intellectuelle : si chacun se les approprie en copiant les modèles numériques, comment protéger les droits ? Certains logiciels existent déjà comme Google Sketchup permettant de modéliser des fichiers en 3D ou de télécharger des modèles 3D. Allons-nous vers une redistribution libre ? L’impression 3D est-elle inhérente à l’Open Source ?

L’autre grande révolution de l’impression 3D : celle de produire localement. Plus besoin d’envoyer un prototype en Chine ou en Inde. Les entreprises pourront produire sur place, en réalisant de vraies économies en termes de temps et d’argent. La production serait donc relocalisée, créant un bouleversement de la scène économique et sociétale.

L’impression 3D a deux grands avantages : la flexibilité et la production sur mesure à moindre coût. Si une entreprise lance un nouveau produit sur le marché, n’étant pas sûre du succès, soit elle peut produire à la demande du client soit elle peut améliorer le produit en fonction du feed-back du client simplement en modifiant le fichier numérique. Plus de rupture de stock, plus de frais de transport : les charges variables se verront supprimées.

Les matériaux qu’une imprimante 3D peut utiliser sont assez larges, du plastique souple, au plastique dur, du verre, de l’Aluminium, de l’or…  Pour l’instant, l’impression 3D est limitée par les matériaux utilisés. Ce n’est qu’une question de temps. Le choix va devenir de plus en plus vaste. Certains parlent même d’imprimer des organes vivants grâce à de l’encre biologique.

Désormais, pour imprimer en 3D, il faut télécharger un fichier numérique, à partir duquel le produit virtuel peut être imprimer en produit bien réel et en produit fini. Pour simplifier les choses, autant dire  “télécharger un produit”. Cela reste encore du domaine de l’utopie. Mais au niveau technologique, le développement est exponentielle, c’est bien la loi de Moore. Il n’y aura bientôt plus de limite à l’impression 3D. Nous risquons d’être surpris bien plus vite par ce procédé qui changera définitivement nos habitudes.

Bre Pettis, fondateur de MakerBrot, l’une des sociétés leader sur le marché de l’impression 3D, cite : “l’impression 3D peut remplacer deux siècles de production de masse, grâce à l’outil permettant à un individu de créer et de fabriquer un produit fini, faisant de chacun un entrepreneur.”

Crédits PhotoMichaela Mastikova