L’Inde a décidé de bannir la cigarette électronique, les fabricants de tabac peuvent se frotter les mains

Le mercredi 18 septembre 2019, l’Inde a rejoint la liste des pays interdisant les cigarettes électroniques sur leur territoire. En effet, le Premier ministre, Narendra Modi, a pris une ordonnance qui prohibe la production, l’importation ou l’exportation, la vente, la publicité, le stockage et la distribution des cigarettes électroniques. Toutefois, le haut responsable du Ministère Indien de la Santé, Vikas Sheel, a déclaré à Reuters que cette décision ne s’applique pas aux utilisateurs en cours de tels dispositifs. En d’autres termes, ces derniers peuvent continuer à vapoter, mais ne pourront plus acheter des recharges.

La ministre des Finances, Nirmala Sitharaman, a expliqué dans un article du Monde que cette décision a été prise pour prévenir l’impact des cigarettes électroniques sur les jeunes. En effet, un porte-parole du ministère de la Santé en Inde a déclaré à The Verge que l’utilisation de ces nouveaux produits aux allures attrayantes et aux multiples vapeurs a augmenté de façon exponentielle et a pris des proportions épidémiques dans les pays développés, en particulier, chez les jeunes et les enfants.

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En plus de risquer d’inciter les jeunes et les enfants à fumer et à développer une dépendance à la nicotine, les cigarettes électroniques causeraient également de graves maladies pulmonaires et auraient même provoqué la mort de certains utilisateurs.

L’Inde, le dernier pays en date à avoir banni les e-cigarettes

Les préoccupations concernant l’impact des cigarettes électroniques sur la santé ne datent pas d’hier. En effet, en août dernier, les centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont annoncé le premier décès dû à une maladie pulmonaire inconnue qui semble liée aux cigarettes électroniques, suivi peu de temps après par six autres décès.

Face à cette alerte, l’État du Michigan a décidé d’interdire les cigarettes électroniques aromatisées en début de septembre. Une décision suivie par New York qui a récemment sorti sa propre interdiction. Singapour a également suivi le mouvement, puis le Japon a aussi interdit certains produits de vapotage contenant de la nicotine.

L’Inde est ainsi le dernier pays à proclamer cette interdiction. Toutefois, l’Association of Vapers India, une organisation représentant les utilisateurs de cigarettes électroniques à travers le pays, compte attaquer cette décision en justice en arguant que cette interdiction priverait des millions de fumeurs d’un produit moins nuisible que les cigarettes.

Cette interdiction bouleverse l’industrie les cigarettes électroniques

L’Inde compte effectivement 106 millions de fumeurs adultes, ce qui fait du pays le deuxième marché, après la Chine, le plus lucratif pour les entreprises de vapotage comme Juul et Philip Morris. Selon les données d’Euromonitor International, le marché indien des produits de vapotage représentait 57 millions de dollars en 2018. Toutefois, comme le fait remarquer Shane MacGuill, responsable de la recherche sur le tabac chez Euromonitor, à Londres, cette interdiction imposée par Londres risque de détruire l’industrie du vapotage, en entraînant d’autres pays à en faire de même.

Déjà, l’actuel président des États-Unis, Donald Trump, a déclaré le mercredi 11 septembre, dans le bureau ovale de la Maison-Blanche, qu’il prévoyait d’interdire les cigarettes électroniques aromatisées sur le territoire américain, car ils deviennent de plus en plus populaires chez les jeunes et que « cela crée plein de problèmes ».

En tout cas, si les pros e-cigarettes et les industries du vapotage critiquent fortement cette interdiction, ce sont les industries de cigarettes qui se frottent les mains. ITC, le principal fabricant de cigarettes en Inde a effectivement connu une baisse de 1% environ de son chiffre d’affaires tandis que celui de son concurrent Godfrey Philips a augmenté de 5,2%. Comme les cigarettes électroniques ne représentent qu’une infime partie de leur gamme de produits, cette interdiction signifie donc pour eux que les affaires vont reprendre de plus belles.