L’Inde se dirige-t-elle vers une surveillance d’Etat ?

Une tension palpable s’est installée à New Delhi suite à l’ordre invoqué par le gouvernement sur la surveillance et le chiffrement de tous les fichiers contenus dans les ordinateurs des citoyens.

Le ministère de l’Intérieur a approuvé cette nouvelle ordonnance présentée comme une extension de la Loi 2000 autorisant le gouvernement à espionner légalement le trafic internet ainsi que toutes les données stockées dans tous les ordinateurs de ses ressortissants.

Cette décision gouvernementale a provoqué une indignation sans précédente auprès des partis politiques de l’opposition. Ils qualifient cette mesure d’anticonstitutionnelle et d’antidémocratique. Elle fait même figure d’ingérence dans l’intimité du peuple.

Dix agences de l’autorité judiciaire ont obtenu l’autorisation légale pour cet acte de surveillance et de déchiffrement sur tout le territoire.

Ce qui a motivé l’ordre

C’est par le biais du Ministre de l’Intérieur que le gouvernement indien a fait savoir cette décision. Cette mesure a été prise pour garantir la sécurité nationale et pour maintenir l’ordre public. Il s’agit là d’une motivation critiquée et refusée par la majorité de la population ainsi que par la Cour Suprême Indienne.

Pour calmer les mouvements de contestation qui commencent à prendre de l’ampleur, le Ministre de l’Intérieur a communiqué qu’aucun abus ne sera fait sur le déchiffrement des données personnelles.

« Chaque cas exige l’approbation préalable du Ministère ou du Gouvernement d’État. » a-t-il déclaré.

Dégoût, mépris et indignation

Loin de calmer le peuple indien, les mesures prises par le gouvernement pour faire passer la pilule font l’objet de nombreuses critiques.

Comme il s’agit d’une loi, toute personne refusant de s’y soumettre risque une peine de 7 ans d’emprisonnement au maximum. Au mieux, le coupable devra payer une amende.

Face à cela, la Cour Suprême Indienne demande au gouvernement de suspendre l’ordre dans un délai de six semaines. C’est une requête à laquelle le gouvernement indien n’a pas daigné répondre pour le moment.

Pour l’heure, le peuple, les partis politiques de l’opposition et la haute juridiction maintiennent leurs avis sur cette ingérence de l’Etat dans l’intimité des gens. Ils considèrent que cet ordre sape les libertés individuelles et la démocratie.

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