L’Iran ferme l’accès à Internet suite à des manifestations contre la hausse du prix des carburants

Ces temps-ci, le nom de l’Iran est souvent cité dans des nouvelles concernant des pratiques de piratage informatique et de cyberterrorisme en tant qu’acteur ou complice. Toutefois, récemment, ce pays du Moyen-Orient a de nouveau fait parler de lui, rapporte TechCrunch. En effet, selon l’ONG NetBlocks, qui surveille l’utilisation d’Internet et la cybersécurité dans le monde, le pays a fermé presque tous les accès Internet dans le pays.

Comme le pays comptait parmi ceux où le prix des hydrocarbures était le moins cher au monde – et ce, parce que l’Iran possède l’une des plus grandes réserves de pétrole brut dans le monde entier – ses citoyens ont pris pour acquis le fait que le prix des hydrocarbures soit assez bon marché.

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Seulement, le pays fait actuellement face à plusieurs manifestations de ses citoyens suite à l’annonce faite par le gouvernement d’une hausse de 50% du prix des hydrocarbures.

Une connectivité qui chute à 5% dans tout le pays

Selon NetBlocks, qui fit part de la nouvelle sur Twitter dans la soirée du samedi 16 novembre 2019, le gouvernement iranien avait procédé à douze heures de déconnexions progressives du réseau et est actuellement au milieu d’un arrêt quasi-total de l’Internet national. Dans son tweet, l’organisme à but non lucratif affirme que les données de réseau en temps réel montrent qu’il n’y avait qu’une connectivité de 7%, qui avait chuté à 5% le dimanche soir. Les principaux opérateurs de téléphonie mobile comme MCI, Rightel et Irancell étaient également hors ligne.

Toutefois, comme on pouvait s’y attendre, les membres du gouvernement continuaient à pouvoir utiliser Internet et, en particulier, les réseaux sociaux. L’ayatollah Ali Khamenei a, par exemple, publié un tweet le vendredi 15 novembre 2019 affirmant que le gouvernement est « avec le peuple et pour l’indépendance de la #Palestine ». Ce guide suprême de la Révolution islamique a également assuré ne pas être antisémite et a affirmé que « les Juifs vivent en toute sécurité » en Iran.

L’Iran, le Pakistan et la Russie semblent avoir adopté ces pratiques antidémocratiques

NetBlocks explique également que la fermeture de l’accès à l’Internet dans le pays est la réponse du gouvernement face à l’intensification des manifestations. Néanmoins, la restriction de l’accès Internet n’est pas un évènement nouveau dans les pays non démocratiques. Cette méthode est généralement utilisée par les pays démocratiques pour contrôler les citoyens et gérer des situations. Précisément, l’Iran semble avoir fermé l’accès à Internet pour empêcher les manifestants de communiquer entre eux et restreindre toute communication avec l’extérieur.

Bien que quelques personnes puissent encore accéder à Internet et aux téléphones portables, leurs communications sont surveillées par le gouvernement. La propagation de cette pratique reste toutefois inquiétante puisque le Pakistan, par exemple, a également coupé l’accès Internet dans certaines régions en raison de manifestations concernant des conflits avec l’Inde et la Russie a même adopté une loi autorisant la fermeture du pays à Internet si le gouvernement le juge nécessaire.

Le gouvernement russe prévoit même d’effectuer une série de tests pour s’assurer de l’efficacité de ces blocages en temps réel.

source: https://techcrunch.com/2019/11/17/iran-shuts-down-countrys-internet-in-the-wake-of-fuel-protests/