L’ISS a un problème de bactéries

Des souches d’entérobactérie ont été découvertes à bord de la Station spatiale internationale. Jusqu’ici, ces microbes ne constituaient pas un réel danger. Toutefois, les chercheurs ont constaté qu’ils résistent à la céfazoline, à la céfoxitine, à l’oxacilline, à la pénicilline et à la rifampine.

Ces microorganismes présentent également quelques degrés de résistance à d’autres antibiotiques.

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Le corps humain regorge de microbes qui lui sont généralement bénéfiques. Ces derniers ne seront jamais entièrement éradiqués, même avec toutes sortes de stérilisation. Par contre, l’environnement spatial doit être observé régulièrement du fait de la complexité du matériel et pour la santé des astronautes.

Or justement, c’est la première fois que des souches résistantes ont été identifiées par les microbiologistes du laboratoire de la NASA. Elles présentent cent douze gènes en commun avec les souches cliniques associées à la virulence, à la maladie et à la défense.

Des bactéries mutantes non pathogènes

Actuellement, les astronautes ne craignent rien, mais une enquête approfondie doit être effectuée. « Nous avons découvert que les génomes des cinq souches de l’entérobactérie de l’ISS étaient identiques aux trois nouvelles souches trouvées récemment sur Terre », a expliqué Kasthuri Venkateswaran, microbiologiste.

« Les trois souches appartenaient à l’espèce Enterobacterbugandensis et peuvent infecter les nouveau-nés ou un patient immunodéprimé dans les services de soins intensifs », a-t-il ajouté.

La mutation semble être accélérée dans l’espace

Une agence de presse russe, RIA Novosti, a publié le résultat d’une recherche menée sur des « bactéries mutantes devenues agressives et résistantes à leur retour sur Terre ». Des scientifiques russes ont effectivement envoyé des œufs de crustacés et de carpes à bord d’un vaisseau de l’ISS.

Ceux-ci ont été placés à l’extérieur et exposés aux rayons cosmiques. À leur retour sur Terre, les bactéries étaient devenues plus agressives.

« Cette étude a été lancée pour observer non pas des bactéries, mais les effets des radiations sur le développement des êtres vivants. Les œufs ont été choisis, car ils ont une multiplication cellulaire intense, ce qui permet de détecter rapidement les problèmes », expliqué Michel Viso, responsable du programme exobiologie au Centre national d’études spatiales.

« Les mutations génétiques sont plus rapides dans l’espace, car les radiations reçues du cosmos sont très intenses. Pour préparer d’éventuels vols plus lointains, il est important de faire de la radiobiologie, c’est-à-dire de comprendre les effets biologiques de ces radiations sur l’ADN des êtres vivants », a-t-il poursuivi.

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