L’ISS est en train de tester un recycleur d’air et ce dernier pourrait aider aux futures missions martiennes

La Station Spatiale Internationale (ISS) dispose déjà d’un système qui permet de recycler l’urine en eau potable. L’Agence Spatiale Européenne (ESA) a récemment mis au point un nouveau dispositif capable de recycler l’air respirable. Le support de survie, baptisé ACLS (Advanced Closed Loop System), est actuellement en cours d’installation sur l’ISS, dans le module américain Destiny.

Transporté par le cargo japonais HTV-7, le système ACLS est arrivé à bord de l’ISS vers la fin du mois de septembre dernier. Lourde de 750 kilogrammes (1650 lb), cette nouvelle technologie devrait permettre aux astronautes en mission sur Mars d’économiser l’oxygène.

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Les astronautes prévoyaient de transporter une quantité abondante d’eau à l’avant-poste orbital afin de produire de l’oxygène. Grâce à ACLS, le volume d’eau nécessaire pourrait être réduit de quatre cents litres (cent gallons).

Il va falloir trouver une utilité pour le méthane

Concrètement, le système permet le recyclage de 50% du dioxyde de carbone (CO2) expiré par trois astronautes. Celui-ci est emmagasiné dans de petites bulles d’amine, un équivalent organique de l’ammoniac.

« Une fois que nous avons éliminé le CO2 de l’air de la cabine, nous l’extrayons de ces matériaux et nous obtenons du CO2 presque pur », a expliqué Daniele Laurini, chef de l’équipe de l’ESA ayant développé le système. « Ensuite, nous faisons réagir le CO2 avec de l’hydrogène et nous extrayons de l’eau et du méthane. »

C’est à partir de l’eau obtenue que les experts isolent l’hydrogène, puis l’oxygène. Jusqu’ici, les chercheurs n’ont pas encore trouvé une utilité pour le méthane. « Traiter du méthane pur en orbite et en extraire quelque chose d’utilisable est tout un défi », a souligné Laurini. « La poussière en microgravité est en désordre. Alors, nous rejetons simplement le méthane dans l’espace. »

Combiner l’ACLS avec un photo-bioréacteur à algues

L’année prochaine, l’équipe de l’ESA envisage de tester un système combinant l’ACLS avec un photo-bioréacteur à algues, un équipement développé par l’agence aérospatiale allemande DLR.

D’après la déclaration de Laurini, « le CO2 extrait sera ensuite acheminé vers les algues. Les algues se développeront avec le CO2 et libéreraient de l’oxygène par la photosynthèse ». « Dans un avenir plus lointain, nous aurions des algues captant directement le CO2 de l’atmosphère de la cabine. »

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