L’un des plus grands mystères de Léonard de Vinci enfin élucidé ?

Un groupe de scientifiques pense avoir résolu l’un des grands mystères de la peinture de Léonard de Vinci, à savoir pourquoi l’orbe de verre dans la peinture du Salvator Mundi (le « Sauveur du monde », en latin), datant de vers l’an 1500, ne montre aucun signe de réfraction et de réflexion de la lumière comme on pourrait s’y attendre.

Si l’orbe de verre dans la main du Salvator Mundi ne montre aucun signe de réfraction et de réflexion de la lumière, c’est parce qu’il s’agit d’un orbe creux plutôt qu’un orbe solide (plein).

Une orbe vue de près

Crédits Pixabay

Un orbe creux, la solution à l’énigme du Salvator Mundi

C’est la conclusion d’une équipe de l’Université de Californie, à Irvine, qui s’est appuyée sur des modèles informatiques pour analyser le célèbre tableau de Léonard de Vinci.

Si certains historiens d’art avaient évoqué par le passé l’idée d’un orbe creux, d’autres hypothèses alternatives évoquaient plutôt du cristal de roche. De plus, le vêtement du Christ visible derrière l’orbe dans Salvator Mundi n’est pas déformé ou grossi, tandis qu’il y a aussi trois taches blanches peintes à la surface de l’orbe. Certains historiens ont ainsi suggéré que de Vinci avait délibérément peint l’orbe d’une manière irréaliste.

Mais grâce à une technique 3D avancée connue sous le nom de rendu inversé, où les détails tridimensionnels d’une scène sont extrapolés à partir d’une image bidimensionnelle, les scientifiques ont pu recréer ce que de Vinci a peint il y a des centaines d’années. Ils ont ainsi pu démontrer que le dessin de Vinci représente avec précision un objet en verre creux.

« Nos expériences montrent qu’un rendu optiquement précis, correspondant qualitativement à celui de la peinture, est en effet possible en utilisant des matériaux, des sources lumineuses et des connaissances scientifiques disponibles pour Léonard de Vinci vers 1500 », écrivent les chercheurs dans leur rapport.

La preuve des connaissances en optique de de Vinci

D’après les calculs de l’équipe de chercheurs, l’orbe du Salvator Mundi avait un rayon de 6,8 centimètres et était placé à 25 centimètres devant le sujet de la peinture. Leur analyse suggère que l’orbe ne pouvait pas mesurer plus de 1,3 millimètre d’épaisseur. Les modèles informatiques ont également révélé qu’il y avait probablement une forte source de lumière en haut, et une lumière diffuse plus générale au moment de la peinture. Si la recherche n’a pas encore été évaluée par des pairs, elle semble en tout cas correspondre parfaitement à ce qui est sur la toile.

Par ailleurs, les plis de la robe du Christ visible derrière l’orbe montrent que de Vinci avait une solide connaissance du fonctionnement des orbes de verre : la plupart des plis ne sont pas déformés, mais l’un d’ente eux montre quelques changements derrière l’orbe. Ce qui n’est pas très étonnant lorsqu’on sait que de Vinci étudiait l’optique à l’époque.

Le tableau du Salvator Mundi, vendu en 2017 pour la coquette somme de 450 millions de dollars, est le tableau le plus cher du monde. Mais il reste aussi entouré de nombreuses controverses, plusieurs chercheurs suggérant que de Vinci n’a contribué qu’à certaines sections du tableau, ou qu’il n’y a carrément pas touchées du tout.

Mais la précision du dessin de l’orbe, comme le suggère la nouvelle étude, ajoute du crédit aux affirmations selon lesquelles l’œuvre a bien été créé des mains de de Vinci lui-même, qui a utilisé ses connaissances en optique et en lumière pour produire quelque chose de très réaliste.