Mais au fait, à quoi nous sert vraiment cette excroissance intestinale qu’est l’appendice ?

Vous avez sûrement déjà entendu parler de l’appendice, cette petite excroissance intestinale qui, quand elle est sujette à une infection, peut faire très mal. Saviez-vous que chez 1 individu sur 100 000, cet organe n’est pas présent ? Et plus important, connaissez-vous le véritable rôle de l’appendice ?

À son époque, le naturaliste Charles Darwin a suggéré qu’à l’instar du bout d’os triangulaire (coccyx) de notre colonne vertébrale, l’appendice n’est qu’un vestige que l’évolution a rendu inutile. Mais ce ne serait en fait pas le cas. En effet, selon une étude récemment publiée sur Live Science, l’appendice jouerait un rôle crucial pour notre santé.

Photo d’Alicia Harper. Crédits Pixabay

Les auteurs ont également mis un scénario au point : quelles seraient les conséquences de l’absence de l’appendice chez l’être humain ? La réponse ? Cela aurait eu de bons et de mauvais effets.

L’appendice, c’est d’abord un réservoir de bonnes bactéries

C’est en 2007 que William Parker de la Duke University de Durham (Caroline du Nord), Heather F. Smith de la Midwestern University de Glendale (Arizona), et leurs collègues ont fait cette découverte. Selon ces scientifiques, l’appendice jouerait d’abord un rôle crucial dans la digestion de nos aliments.

Ainsi, l’appendice serait un refuge pour les bonnes bactéries, qui servent beaucoup dans la restauration de la flore de nos intestins après une infection. De plus, l’appendice regorge également du tissu lymphoïde, un tissu qui produit des lymphocytes. Vous n’êtes pas sans savoir que ces cellules sont impliquées dans notre système de défense immunitaire, et ont un rôle important dans la lutte contre les agents pathogènes.

Contrairement à ce que Darwin a avancé, l’appendice n’est donc pas un simple vestige que l’évolution a rendu vide d’utilité. De plus, Parker et ses collègues ont découvert que chez de nombreuses espèces, l’appendice était présent depuis plus de 80 millions d’années. Ce qui porte un autre coup à la thèse du père de l’évolutionnisme.

Et si on n’avait pas d’appendice, cela aurait changé quoi ?

Notre équipe de chercheurs a justement songé aux probables conséquences de l’absence de l’appendice chez l’être humain. Selon ces derniers, si cela s’était produit à l’époque des chasseurs-cueilleurs, cela aurait causé une véritable hécatombe. Mais au fil du temps, l’évolution aurait probablement créé un autre organe jouant le même rôle que l’appendice.

Pour continuer dans les suppositions, si une soudaine disparition de l’appendice avait eu lieu après la révolution industrielle, pour pouvoir subsister, l’homme n’aurait pas pu faire autrement que de dépendre des antibiotiques.

Ceci étant, sans l’appendice, il n’y aurait jamais eu l’appendicite. Et comme cette affection touche annuellement 10 millions d’individus et cause pas moins de 50 000 décès, c’est finalement à se demander si pour ces derniers, cela n’aurait pas été mieux de ne pas en avoir.

Mots-clés physiologie