Mais au fait, peut-on mourir d’avoir le coeur brisé ?

Une étude a démontré que le fait d’avoir le cœur brisé pourrait conduire à la mort. Une rupture amoureuse ou la perte d’un être cher seraient aussi meurtrières que les crises cardiaques. Des médecins japonais ont diagnostiqué une maladie peu connue appelée « cardiomyopathie » chez des personnes sujettes à ce genre de chagrin. Elle est provoquée par une baisse de la circulation sanguine et une défaillance du myocarde.

« Avoir le cœur brisé » ne serait donc pas qu’une métaphore. Le choc émotionnel à laquelle fait allusion cette expression populaire aurait effectivement un lien direct avec le cœur en tant qu’organe.

UNe représentation artistique d'un cœur

Photo de Gerd Altmann. Crédits Pixabay

Les symptômes sont presque identiques à ceux d’une crise cardiaque. Il s’agit notamment de violentes douleurs thoraciques, d’essoufflements ou de syncopes.

Dans certains cas, la cardiomyopathie, ou syndrome de Takotsubo (TTS), serait plus dangereuse qu’un infarctus. Néanmoins, elle n’endommagerait pas le tissu musculaire du cœur de façon permanente, ce qui permet aux patients de se rétablir.

Une déformation du ventricule gauche

Contrairement à une crise cardiaque, le syndrome peut être provoqué par un surcroît soudain d’hormones de stress ou d’adrénaline. Cette poussée hormonale alimente une réaction de combat ou de fuite face à des menaces majeures. En parallèle, elle empêche le cœur de pomper normalement.

À ce moment, l’échographie montre un ventricule gauche élargi et déformé. Le sujet a une difficulté à gérer le stress et les émotions fortes. Leur « défaillance cardiaque aiguë » risquerait d’entraîner une maladie cardiovasculaire grave à long terme.

Pour le diagnostic, les médecins utilisent l’échocardiographie et la coronarographie. De cette façon, ils arrivent à observer la forme que prend le cœur et à constater l’état des artères coronaires.

« Les patients avec un TTS ont une connectivité cérébrale altérée, ce qui les rend plus sensibles aux émotions fortes. Les chercheurs se concentrent trop sur le cœur et oublient le cerveau dans cette maladie. ” Le syndrome reste sous-diagnostiqué et méconnu, même par les cardiologues », a expliqué le Dr Jelena Templin-Ghadri, cardiologue.

Le stress met à l’épreuve le système immunitaire

En général, les femmes seraient plus résistantes, mais la ménopause multiplierait les risques par cinq en raison de la chute de la concentration en œstradiol, une hormone ayant un effet cardioprotecteur.

Le même risque concernerait les personnes diabétiques, qui s’adonnent au tabagisme ou ayant des antécédents psychiatriques.

« Le stress met à l’épreuve le système immunitaire et réduit sa capacité à combattre les infections. Pour le cerveau, la perte d’un partenaire signifie littéralement la perte d’une partie de soi-même et d’une partie du mécanisme d’adaptation pour faire face aux difficultés de la vie », a expliqué James Coan, psychologue et neuroscientifique à l’université de Virginie.

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