Mais au fait, pourquoi les virus qui nous viennent des chauves-souris sont-ils aussi problématiques ?

D’après une récente étude menée à propos de la chauve-souris, sa forte capacité de résistance aux virus est due à un système immunitaire très actif. Les autres êtres vivants, dotés d’un système immunitaire moyennement performant comme l’homme, succombent ainsi plus facilement face à ces agents infectieux. L’organisme de la chauve-souris peut quant à lui s’en sortir indemne, faisant de cet animal un véritable réservoir à virus.

Les recherches effectuées jusque-là suggèrent en effet que la chauve-souris pourrait bien être la source de la crise sanitaire mondiale que nous sommes actuellement en train de vivre. Toutefois, le COVID-19 n’est pas la seule maladie mortelle qui implique ce mammifère volant.

Crédits Pixabay

Ces dernières années, la chauve-souris a en effet été le vecteur de nombreuses affections dues à des virus comme le SRAS, le MERS, l’Ebola  ou encore la fièvre de Marburg … des maladies d’origine virale toutes aussi dangereuses les unes que les autres.

Un mammifère unique, capable de voler et doté d’un métabolisme particulier

La singularité de ce mammifère a toujours intrigué les chercheurs, car malgré sa petite taille, la chauve-souris peut vivre très longtemps. Soit jusqu’à 40 ans, contre 2 ans seulement pour les autres animaux de même carrure.

C’est la raison pour laquelle une équipe d’une vingtaine de scientifiques  menée par Cara Brook et Mike Boots de l’Université de Berkeley (Californie) s’est penchée sur les spécificités de cet animal et partagé leurs conclusions dans la revue eLife.

La chauve-souris est, en effet, le seul mammifère capable de voler, avec un mécanisme physiologique très développé lui permettant d’éliminer efficacement les molécules néfastes telles que les radicaux libres de son corps.

Cette aptitude particulière est doublée d’un système immunitaire plus coriace, de sorte que « certaines chauves-souris sont capables de monter une réponse antivirale robuste, mais aussi de l’équilibrer avec une réponse anti-inflammatoire », selon les explications de Brook.

Le système immunitaire des chauves-souris rend les virus plus dangereux

Afin de tester l’immunité de la chauve-souris face aux infections virales, les chercheurs ont mené des expériences en comparant sa réponse immunitaire à celle d’un singe. Et il s’avère que ses cellules ont pu se défaire rapidement de l’attaque virale grâce à une information transmise par le biais d’un interféron. Tandis que les cellules du singe ont été attaquées et tuées par le virus.

Cette forte résistance de la chauve-souris lui permet d’une part de refouler et de bloquer l’action des virus sur ses cellules, mais entraîne d’autre part une mutation des virus qu’elle héberge, au point qu’ils deviennent plus forts.

Une fois transmis à un individu-hôte, le virus devient plus virulent et serait dans la plupart des cas mortel. Et malgré le fait que le virus soit, dans la majorité des cas, transmis à l’homme par un hôte intermédiaire (civette des palmiers, les chameaux, gorilles, porcs,…) sa virulence n’est pas pour autant atténuée.

Ce qui rend finalement les choses très problématiques.