Mais au fait, un coronavirus, c’est quoi exactement ?

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les coronavirus constituent une grande famille de virus pouvant infecter les oiseaux et les mammifères, y compris les humains.

Ce sont ces virus qui sont à l’origine du nouveau Covid-19 qui a déclenché une épidémie en Chine en décembre 2019, suscitant l’inquiétude internationale. Avant cela, les coronavirus ont été à l’origine de plusieurs autres épidémies dans le monde, dont la pandémie de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) de 2002 à 2003 et l’épidémie de syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS) en 2015.

Crédits Pixabay

D’où viennent les coronavirus ?

Selon le Centers for Disease Control and Prevention (CDC), tous les coronavirus arborent des sortes d’épines sur leurs surfaces externes qui ressemblent aux points d’une couronne, ou « corona » en latin. D’où leur nom ! A ce jour on dénombre 7 coronavirus qui peuvent infecter l’homme, dont le nouveau coronavirus Covid-19 identifié en 2019.

Sous l’extérieur denté d’un coronavirus se trouve un noyau rond enveloppé de protéines et d’une membrane « grasse », explique Jan Carette, professeur agrégé de microbiologie et d’immunologie à la Stanford University School of Medicine. Dans le noyau se trouve du matériel génétique que le virus peut injecter dans des cellules vulnérables pour les infecter. Les protéines s’étendent de l’intérieur du noyau à la surface du coronavirus qui s’en sert pour « reconnaître et s’accrocher » à des cellules spécifiques du corps.

Lorsque le virus s’accroche à son récepteur (une cellule hôte), un mécanisme s’enclenche entraînant la fusion du virus avec la cellule.

Cette fusion permet au virus de libérer son matériel génétique et de corrompre les mécanismes internes de la cellule. La cellule se transforme alors en une usine qui commence à produire de nouveaux virus.

La plupart des coronavirus se servent principalement des animaux comme hôtes et ont également évolué pour infecter les humains. Les précurseurs des coronavirus du SRAS et du MERS ont été observés chez les chauves-souris. Le virus du SRAS est passé des chauves-souris aux civettes (petits mammifères nocturnes) avant de contaminer les humains. Celui du MERS a quant à lui infecté les chameaux avant de se propager chez les humains. A ce stade, les scientifiques pensent que le nouveau coronavirus est également passé des chauves-souris aux humains après avoir transité par un hôte intermédiaire. Mais cette créature intermédiaire infectieuse n’a pas encore été identifiée.

La transmission des coronavirus entre humains se fait par des gouttelettes respiratoires que les personnes infectées expulsent lorsqu’elles respirent, toussent ou éternuent. Un masque chirurgical typique n’est pas vraiment efficace contre les particules virales contenues dans ces gouttelettes, mais certaines mesures simples peuvent réduire considérablement le risque d’infection. Il faut se laver les mains, éviter de toucher votre visage, votre bouche et vos yeux, et désinfecter les surfaces et les objets fréquemment touchés.

A l’extérieur d’un hôte humain, les virus ne peuvent généralement pas survivre plus de quelques heures sur des surfaces. Mais sur une courte période de temps, il est toujours possible d’attraper un coronavirus à partir d’une surface contaminée. Pour l’heure, les chercheurs ne savent pas exactement combien de temps le nouveau coronavirus peut survivre en dehors d’un hôte.

Les symptômes du coronavirus

Chez l’humain, les coronavirus provoquent généralement une infection respiratoire avec des symptômes pseudo-grippaux légers à sévères, mais les symptômes exacts varient en fonction du type de coronavirus. Selon le CDC, les quatre coronavirus humains courants peuvent provoquer un écoulement nasal, de la fièvre, des maux de gorge, une toux, et des maux de tête. Chez certains individus, notamment ceux qui ont un système immunitaire affaibli ou qui sont atteints d’une maladie cardio-pulmonaire, l’infection virale peut évoluer vers une infection des voies respiratoires inférieures plus grave telle qu’une bronchite ou une pneumonie.

Les infections sévères de SRAS et de MERS ont tendance à évoluer souvent vers une pneumonie. D’autres symptômes du MERS incluent la toux, la fièvre et l’essoufflement, tandis que le SRAS peut provoquer des courbatures, des frissons et de la fièvre. Au début des années 2000, le SRAS avait un taux de mortalité de 9,6%, selon le New York Times, tandis que le MERS a un taux de mortalité estimé entre 30% et 40%, d’après le CDC.

Le nouveau coronavirus Covid-19 provoque des symptômes similaires à ceux des autres coronavirus, avec de la toux, de la fièvre et des difficultés respiratoires chez la plupart des patients. Des symptômes plus rares incluent un nez qui coule, des étourdissements, des nausées et des vomissements.

En février 2019, les scientifiques estiment le taux de mortalité du Covid-19 à 2%. Mais ce chiffre reste peu fiable.

Diagnostic et traitement des coronavirus

Pour détecter les infections de coronavirus, les patients sont soumis à des tests au cours desquels des échantillons respiratoires et un sérum isolé de leur sang sont analysés. Le CDC a développé un test de diagnostic équivalent pour le nouveau coronavirus, mais sa précision est encore en cours de vérification. Une fois confirmés, des kits de diagnostic seront distribués aux établissements de santé aux États-Unis et à l’étranger.

Pour l’heure, il n’y a aucun traitement disponible pour aucun coronavirus humain. Ceux qui attrapent un coronavirus commun se rétablissent généralement d’eux-mêmes. Le processus de guérison peut toutefois être facilité par : la prise de médicaments contre la douleur et la fièvre, l’utilisation d’un humidificateur, boire beaucoup de liquides, prendre des douches chaudes, et en restant à la maison pour se reposer. Des méthodes similaires sont employées pour soulager les symptômes des infections aux coronavirus plus sévères.

Les scientifiques ont par ailleurs constaté que plusieurs médicaments antiviraux existants, initialement destinés au traitement d’Ebola et du paludisme, peuvent montrer une certaine efficacité contre le nouveau coronavirus. Ces médicaments freinent les virus dans leurs tentatives de réplication dans les cellules hôtes. Une autre catégorie de médicaments, appelée « inhibiteurs de protéase », est également prometteuse contre les coronavirus. Ils aident à alerter le système immunitaire contre les envahisseurs viraux. En février 2019, il n’existe pas encore de vaccin approuvé pour prévenir les infections au coronavirus.

Toutefois, les scientifiques ont développé un vaccin potentiel contre le SRAS pendant la pandémie de ce virus, et un vaccin potentiel contre le MERS a récemment passé les essais cliniques préliminaires. Mais aucun de ces vaccins n’est encore disponible sur le marché. Désormais, les chercheurs du monde entier se battent pour trouver un vaccin contre le nouveau Covid-19. Le CDC espère avoir un tel vaccin prêt pour les essais cliniques dans les trois mois à venir. Mais même si c’est le cas, il faudra encore effectuer divers autres tests avant de pouvoir administrer le vaccin à l’homme.