Mais d’où viennent les cercles de fées de Namibie ?

Dans le nord-ouest de l’Australie et dans les prairies sèches naturelles du sud-ouest de l’Afrique australe comme en Namibie, il existe des formations mystérieuses appelées « cercles de fées ». Ce sont de petites surfaces généralement de forme arrondie ou hexagonale dépourvues de végétation.

Les cercles forment des motifs bien réguliers quand on les observe depuis le ciel, ce qui écarte l’hypothèse d’un simple hasard. A ce jour, plusieurs théories ont été avancées pour tenter d’expliquer la formation des cercles de fées. Certaines ont été réfutées, mais quelques-unes ont toutefois retenu l’attention des chercheurs.

Un paysage de Namibie

Crédits Pixabay

Parmi les explications proposées, on peut compter par exemple les pluies de météorites, les remontées de gaz, la toxicité du sol, l’auto-organisation de l’écosystème, et même la radioactivité.

Quelques hypothèses avancées puis réfutées

Une des premières hypothèses proposées par les scientifiques concernant la cause de la formation des cercles de fées a été l’action des toxines végétales, fongiques ou animales. Selon la théorie, les toxines empêcheraient la germination et le développement des plantes suivant un éventuel processus de sélection naturelle. Certains chercheurs pensaient d’ailleurs que les termites avaient un rôle à jouer dans ce phénomène qui permettrait de valoriser l’eau pluviale ou de favoriser la formation de rosée. Les études effectuées jusqu’à présent n’ont cependant pas pu vérifier la fiabilité de cette hypothèse.

Les pluies de météorites font aussi partie des causes avancées pour expliquer la formation des cercles de fées. Des micrométéorites les auraient ainsi créés lors de leur impact sur le sol. L’observation de l’évolution des cercles de fées sur des photographies comparatives ainsi que la comparaison avec les impacts réels de météorites ont cependant révélé que cette théorie n’était pas la bonne. D’autre part, aucune trace d’impacts de restes de roche spatiale n’a été relevée lors des prospections.

Les facteurs géochimiques ont aussi été désignés comme causes probables de l’apparition des cercles de fées, notamment à cause de micro-suintements gazeux d’hydrocarbures que les scientifiques ont relevés au cours de prises de mesures du taux de monoxyde de carbone et d’analyses d’hydrocarbures à l’intérieur et sur les alentours des cercles. Cette explication pourrait être possible, mais d’autres études sont encore nécessaires pour déterminer l’origine de ces suintements gazeux.

Les théories qui ont retenu l’attention des scientifiques

Une autre hypothèse qui intéresse de nombreux scientifiques est la présence de fourmis ou de termites dans les cercles de fées. Pour Norbert Jürgens, botaniste à l’Université de Hambourg, ce seraient les termites des sables, connues sous le nom scientifique Psammotermes allocerus, qui seraient à l’origine de ces formations mystérieuses. Au cours de ses recherches sur le sujet, il a recensé toutes les espèces de termites et de fourmis qui se trouvaient dans les cercles. Il a ainsi pu conclure que seule l’espèce P. allocerus était présente dans tous les cercles de fées analysés. Selon les explications, la formation des cercles serait en fait liée à l’alimentation des termites qui se nourrissent des racines des plantes se trouvant au centre du cercle. Cela ne cause alors qu’une dégradation locale du sol.

L’une des plus récentes théories expliquant les cercles de fées a été publiée dans la revue Ecography le 20 mai 2014. Celle-ci parle d’une compétition des plantes pour la ressource en eau en utilisant un mécanisme de rétrocontrôle de l’eau par la biomasse. D’après les résultats de 10 ans de collecte de données d’imagerie satellitaire en Namibie, il existerait un lien entre la croissance et le rétrécissement des cercles de fées et la variation des précipitations. Selon le rapport, une régression en taille et en nombre des cercles a été notée après une période humide alors qu’avec la sécheresse et l’aridification, les cercles deviennent plus nombreux et plus développés.

En tout cas, des études morphopédologiques, hydrologiques et édaphiques permettront sans doute d’aboutir à de meilleures conclusions et on sera peut-être enfin fixé sur la véritable cause de l’apparition de ces cercles énigmatiques.