Mais où se cachent les Sphères de Dyson ?

Freeman Dyson avait imaginé dans les années 60 des structures immenses capables de capter et d’exploiter l’énergie des étoiles, les fameuses Sphères de Dyson. Toutefois, personne n’a encore été en mesure d’en trouver et ce ne sont pas les dernières données collectées par Gaia qui amélioreront la situation.

Contrairement aux idées reçues, l’idée de ces hypothétiques mégastructures ne vient pas du célèbre physicien, mais plutôt d’un écrivain spécialisé dans les œuvres de science-fiction.

JAXA

Dans Star Maker, Olaf Stapledon a en effet imaginé des pièges à lumière construits autour des étoiles, des pièges capables de stocker et de distribuer l’énergie émise par les astres présents dans les systèmes stellaires.

La Sphère de Dyson, un concept remontant aux années 60

En 1960, Freeman J. Dyson a donc publié un article scientifique traitant de l’hypothèse de l’existence de mégastructures sphériques placées dans l’orbite des étoiles pour capturer leur énergie.

Le brillant chercheur était en effet parti du postulat que si une civilisation extraterrestre existait quelque part dans l’Univers, alors sa technologie était sans doute bien supérieure à la nôtre. Suffisamment en tout cas pour lui permettre de coloniser les autres mondes de son système stellaire.

Or justement, une civilisation avancée désireuse de s’étendre à d’autres mondes aurait fatalement besoin d’une source d’énergie conséquence et facilement renouvelable. Dyson était donc partie du principe que ces mégastructures pouvaient parfaitement répondre à ces besoins.

Comme le rappelle Forbes dans un article récent, la Terre reçoit environ 1300 watts par mètre carré en raison de son éloignement avec le Soleil, un chiffre tombant à 1000 watts sous l’atmosphère terrestre.

Or justement, si nous placions des panneaux solaires tout autour de notre planète, nous pourrions d’après les calculs de nos confrères collecter environ 166 millions de gigawatts d’énergie en continu.

En une seconde, nous parviendrions du même coup à combler les besoins de toutes nos infrastructures… pendant une année entière.

Des mégastructures extraterrestres qui ont donné lieu à de vifs débats dans la communauté scientifique

L’article du physicien, intitulé Search for Artificial Stellar Sources of Infrared Radiation et consultable à cette adresse, n’est évidemment pas passé inaperçu et il a ainsi donné suite à de houleux débats dans la communauté scientifique. Beaucoup l’ont ainsi accusé de verser un peu trop dans la science-fiction et pas suffisamment dans la science.

Toutefois, ces mégastructures ont aussi fasciné bon nombre de chercheurs, à commencer par l’inénarrable Carl Sagan. Dans un article coécrit avec Russell G. Walker au milieu des années 60, ce dernier n’avait pas hésité à qualifier l’hypothèse de Dyson de très stimulante.

En 2015, les utilisateurs de Planet Hunters ont repéré d’étranges variations lumineuses au niveau d’une étoile située dans le système KIC 8462852 en analysant les données récoltées par Kepler, des variations débouchant sur des baisses de luminosité de l’ordre de 20 %.

Encore plus étrange, les variations en question n’étaient pas régulières et elles ne semblaient suivre aucune logique.

Plusieurs hypothèses ont commencé à voir le jour et certains astronomes ont alors supposé que ces variations pouvaient potentiellement être causées par une mégastructure artificielle située dans l’orbite de cette étoile, une mégastructure similaire à la fameuse Sphère de Dyson.

KIC 8462852, l’étoile de tous les possibles

Par la suite, des études plus poussées ont cependant révélé que ce n’était pas le cas et que ces variations étaient sans doute causées par un disque de poussière situé autour de l’astre.

Ethan Siegel, un astrophysicien et un écrivain scientifique, s’intéresse depuis longtemps au concept évoqué par Freeman J. Dyson dans les années 60 et il s’est récemment demandé pourquoi personne n’avait encore été en mesure de découvrir une telle mégastructure.

Dans son papier, il explique pour commencer que si une civilisation extraterrestre avait construit une sphère autour d’une étoile pour récupérer son énergie, alors l’astre deviendrait du même coup très difficile à détecter… du moins avec des télescopes fonctionnant dans la lumière visible.

En réalité, dans ce cas, il suffira d’observer le système dans l’infrarouge pour détecter une telle structure.

Or justement, l’ESA a lancé en 2013 un nouveau satellite capable de mesurer les caractéristiques des objets célestes en s’appuyant sur divers instruments, des instruments suffisamment sensibles pour être capables de mesurer la couleur et la magnitude des étoiles. L’agence a récolté de nombreuses données par son entremise et elle a profité de l’occasion pour mettre en ligne une carte en trois dimensions composée de 1,7 milliard d’étoiles.

Aucune détection de faite

Extrêmement précis, le satellite n’observe pas uniquement la lumière visible et il fonctionne aussi dans l’infrarouge. En conséquence, il aurait dû être en mesure de repérer des mégastructures similaires à celles évoquées par Dyson dans son article.

Toutefois, pour le moment, aucune structure de ce type n’a été détectée et c’est finalement à se demander si elles existent.

Maintenant, Ethan Siegel indique également dans son article que les étoiles étudiées par Gaia n’ont pas toutes encore été analysées. Il reste en outre une importante quantité de données à analyser et rien ne dit qu’une mégastructure comme celle évoquée par Dyson prendra la forme d’une sphère construite autour d’une étoile. En réalité, ces dernières pourraient aussi prendre la forme de simples satellites placés dans l’orbite des étoiles, des satellites qui seraient du même coup bien plus difficiles à détecter.

Mots-clés sphère de dyson