Mais pourquoi donc les extraterrestres ne nous répondent-ils pas ?

Les scientifiques ont lancé le débat autour du « grand silence » en dehors de notre planète. Ils se sont rassemblés pour parler des messages envoyés de la Terre qui restent sans réponse. Il s’agit, bien évidemment, d’un sujet alimente les fantasmes de tous, simples curieux ou passionnés.

La réunion a eu lieu à la Cité des sciences, à Paris, et a été organisée par le Messaging Extraterrestrial Intelligence (METI).

Etude extraterrestres

Crédits Pixabay

METI International est une organisation basée à San Francisco. Elle s’est spécialisée dans l’envoi de messages vers l’espace dans l’espoir de contacter une hypothétique civilisation extraterrestre. Son président, Douglas Vakoch, estime que « même si on est à la quête de quelque chose dont on ne connait pas l’existence, nous devons en débattre ».

« Quand on cherche à mieux comprendre l’Univers, la question est de savoir si nous sommes seuls », a expliqué Florence Raulin-Cerceau, docteur en astronomie et maître de conférences au Muséum national d’histoire naturelle.

Ne veulent-ils pas prendre contact avec nous ?

En 1950, le célèbre physicien Enrico Fermi ironisait sur l’éventualité de l’existence d’une vie ailleurs. Si les extraterrestres, tels que nous les imaginons, existaient réellement, ce n’est pas normal que, jusqu’à présent, la rencontre du troisième type n’ait pas encore eu lieu, alors que l’Univers est si immense et que la galaxie est si ancienne. C’est comme cela qu’est né le « paradoxe de Fermi » qui s’énonce comme suit : « s’il y avait des civilisations extraterrestres, leurs représentants devraient être déjà chez nous. Où sont-ils donc ? »

La première hypothèse avancée pour expliquer ce « silence » concerne le niveau cognitif. En effet, l’intelligence sur Terre est apparue plusieurs fois de façon indépendante dans différents groupes. L’Homme n’a pas encore atteint son paroxysme intellectuel, alors qu’il pourrait y avoir des niveaux plus élevés ailleurs. Cette différence empêcherait donc la volonté de prendre contact afin d’éviter toute déstabilisation.

« S’ils nous rendent visite un jour, je pense que le résultat sera semblable à ce qui s’était produit quand Christophe Colomb avait débarqué en Amérique, cela n’a pas été bien pour les Indiens », avait déclaré il y a un moment Stephen Hawking, l’éminent physicien britannique.

Selon une autre explication, proposée par l’astrophysicien Nicolas Prantzos, « des milliers de civilisations lointaines auraient pu éclore. Mais cela ne signifie pas qu’ils soient les premiers ou les seuls dans l’histoire de la galaxie ».

Enfin, compte tenu de la distance, les chances de rencontrer une exocivilisation seraient minces. Kepler-186f se trouve entre quatre cent quatre-vingt-dix et cinq cents années-lumière de notre planète. Jusqu’à présent, l’objet le plus rapide construit par l’Homme est la sonde « Helios 2 ». Cet instrument est capable d’aller jusqu’à deux cent cinquante-trois mille kilomètres à l’heure. Si un vaisseau spatial avait la même vitesse, il lui faudrait encore deux millions d’années pour l’atteindre.

Il faudrait peut-être encore patienter

Cyril Birnbaum, responsable du planétarium de la Cité des sciences et de l’industrie, a rappelé que « des découvertes récentes rappellent qu’il faudra peut-être plusieurs générations pour avoir des nouvelles ». « La Terre s’est formée il y a quatre et demi milliards d’années alors que la recherche ne fait que quarante ans. »

Jusqu’ici, la recherche d’autres civilisations n’a abouti à aucun résultat.

Or, la connaissance humaine de l’univers a beaucoup évolué. De nombreuses tentatives ont été effectuées, à l’instar du programme « Breakthrough Listen », piloté par des physiciens de la « Royal Society Science Academy » de Londres. Il y avait également les recherches menées par l’institut SETI, ou « Search for Extraterrestrial Intelligence », en Californie.

La découverte de « Kepler-186f » en 2014 a apporté quelques renseignements. Cette exoplanète a relativement la même taille que la Terre. Sa température est propice à la présence d’eau à l’état liquide. Cette trouvaille tendait à confirmer que notre planète n’est pas une exception dans la Voie lactée.