Malaisie : deux femmes condamnées pour des relations sexuelles dans une voiture

Deux femmes, accusées d’avoir eu des relations sexuelles dans une voiture, ont été condamnées à six coups de bâton par un tribunal en Malaisie, provoquant un tollé général chez les groupes de défense des femmes et des droits des LGBT du pays.

La peine devait être exécutée le 28 août 2018 mais a été reportée le 3 septembre 2018 pour des raisons techniques, selon un responsable du tribunal. La contestation a été intense dans la salle d’audience située devant la galerie publique. Les deux incriminées, dont les noms n’ont pas été révélés au public, ont aussi écopé d’une amende de 3.300 RM, soit environ 800 dollars.

Elles sont respectivement âgées de 32 ans et de 22 ans. Les autorités islamiques ont arrêté les femmes en avril 2018 après les avoir vues dans une voiture. Les accusées ont été jugées par un tribunal de la charia de l’État de Terengganu, réputé pour faire partie des tribunaux les plus conservateurs du pays.

Selon les militants pour les droits des femmes et des LGBTQ, la sanction témoigne de la détérioration des conditions de vie des LGBTQ en Malaisie.

Une décision du tribunal islamique vivement critiquée

La Malaisie dispose de deux systèmes de droit. D’un côté, il y a les tribunaux laïques et de l’autre côté, les tribunaux religieux, plus précisément, les tribunaux islamiques. Ces derniers peuvent être compétents pour juger les affaires pénales et civiles des musulmans du pays en fonction de la région où ils se situent.

La condamnation prononcée par le tribunal islamique à l’encontre des deux femmes a été contestée tant bien par les groupes de défense des droits de l’Homme à l’intérieur comme à l’extérieur de la Malaisie. Les militants déclarent entre autres que cette affaire démontre les défis auxquels la communauté LGBTQ en Malaisie est quotidiennement confrontée.

La communauté LGBTQ fortement discriminée

Amnesty International a réagi face à la condamnation en la qualifiant de rappel terrible de la profondeur de la discrimination dont les personnes LGBTQ font l’objet en Malaisie. Le groupe de défense des droits des femmes, Justice for Sisters and Sisters in Islam ont même déclaré que le jugement était une parodie et une grave erreur judiciaire.

De même, le Forum Asie-Pacifique sur les femmes, le droit et le développement, un groupe de défense des droits des femmes comptant des membres dans toute la région, a également fait savoir qu’il avait un sérieux doute sur le bien-fondé du jugement.