Malgré le Covid-19, la chasse aux astéroïdes se poursuit

La propagation du virus Covid-19 aura eu des effets dans presque tous les domaines. Actuellement, même les télescopes qui observent d’habitude le ciel de façon permanente sont fermés. D’après le magazine Astronomy, plus de 100 télescopes de recherche parmi les plus larges ont dû suspendre leurs activités à cause du coronavirus.

On pourrait ainsi penser que les risques d’une collision avec des corps célestes comme des astéroïdes vont augmenter. Toutefois, d’après les spécialistes, ce ne sera pas le cas puisque quelques-uns des meilleurs instruments d’observation des astéroïdes continuent de fonctionner malgré la crise sanitaire causée par le Covid-19.

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Parmi les installations qui continuent de fonctionner, il y a les télescopes jumeaux Pan-STARRS ou Panoramic Survey Telescope and Rapid Response System qui se trouvent à Hawaii, les trois télescopes Catalina Sky Survey (CSS) se trouvant en Arizona, et NEOWISE, un télescope spatial de la NASA reconverti à la chasse aux objets proches de la Terre. Selon les informations, c’est la NASA qui finance la plupart des efforts de détection d’astéroïdes.

Les étapes d’une détection

Les télescopes Pan-STARRS1 et Pan-STARRS2 mesurent chacun 1,8 m de diamètre. Perchés au sommet de la montagne Haleakala, ils sont munis de caméras grand-angle considérées comme étant les plus grandes caméras numériques au monde avec 1 400 mégapixels. Pour détecter les astéroïdes, chaque image enregistrée par les télescopes est comparée à un catalogue existant. Cela va révéler le moindre mouvement d’un astéroïde. Le CSS en Arizona utilise également cette même technique dans sa recherche de nouveaux astéroïdes. Toutefois, il possède un troisième télescope qui s’occupe du suivi des corps célestes découverts.

Le suivi est très important lorsqu’un astéroïde est découvert. Il est en effet difficile d’en connaitre les caractéristiques comme la taille ou l’orbite sans effectuer de nombreuses observations pendant plusieurs nuits de suite. Selon Eric Christensen, qui est à la tête du CSS, chaque objet proche de la Terre détecté est considéré comme une potentielle menace jusqu’à ce que les possibilités d’impact puissent être exclues.

Les conséquences du Covid-19

La traque des astéroïdes continue ainsi malgré la fermeture de nombreux télescopes due au Covid-19. Toutefois, cette fermeture a quand même des répercussions sur la façon de travailler. En ce qui concerne le suivi, normalement, lorsqu’un nouvel objet est détecté, les astronomes préviennent le Minor Planet Center et de nombreux observateurs de par le monde essaient d’affiner la trajectoire de l’objet. Maintenant, il reste peu d’instruments pouvant recueillir des données sur les nouvelles découvertes.

Dans ce contexte, les télescopes restants comme le CSS ou les Pan-STARRS sont obligés de faire eux-mêmes le suivi de leurs découvertes. Le problème est que cela réduit leur capacité à détecter d’autres objets en approche. Selon Ken Chambers, directeur des observatoires Pan-STARRS, ils sont en train d’adapter leur stratégie pour pouvoir faire plus de suivi, mais cela veut dire qu’ils vont rater certains objets qu’ils auraient pu détecter en temps normal.

D’autres problèmes peuvent aussi survenir au cours de cette période de propagation du Covid-19, comme l’impossibilité de procéder à des travaux de maintenance, ou encore l’obligation de fermer les observatoires en cas de contamination du personnel. En tout cas, selon les astronomes, il n’y a pas vraiment à s’inquiéter puisque les risques que la Terre soit touchée par un astéroïde de grande taille sont moindres, et cela à tout moment.

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