Manifestation anti-Trump, les autorités exigent les mails et adresses IP des visiteurs du site DisruptJ20.org

La manifestation lors de l’investiture de Donald Trump en janvier dernier fait encore des remous. Un site web anti-Trump a été sommé par la justice américaine de révéler l’identité de ses visiteurs. Les autorités ont déposé un mandat à l’encontre de la société d’hébergement DreamHost pour l’obliger à remettre toutes les données du site DisruptJ20.org. Il s’agit du site qui avait été utilisé par les opposants au président américain pour organiser les manifestations.

Le département de la Justice des États-Unis exige que tous les fichiers, les bases de données ainsi que les journaux du DisruptJ20.org lui soient remis par son hébergeur DreamHost. Avec l’appui de l’Electronic Frontier Foundation (EFF), ce dernier a cependant refusé de céder à cette requête qu’il qualifie d’anticonstitutionnelle.

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Depuis, c’est un véritable bras de fer qui oppose l’hébergeur et les autorités américaines.

Plus d’un million de personnes concernées

Pour justifier son refus d’obtempérer aux exigences de la Justice américaine, DreamHost invoque une requête trop large puisque c’est près de 1,3 million d’internautes qui sont concernés. La justice réclame tous les fichiers concernant les visiteurs du site : adresse IP, email… bref, tout ce qui permettrait de remonter jusqu’aux personnes traquées par les autorités depuis l’émeute du 20 juin.

Pour rappel, plusieurs personnes avaient manifesté en début d’année pour protester contre l’investiture de Donald Trump en tant que 45ème président des États-Unis. Les manifestations s’étaient cependant transformées en émeute, ce qui a obligé les forces de l’ordre à intervenir.

Depuis, les autorités ont arrêté plus de deux cents personnes. Huit mois plus tard, elles continuent toujours de chercher les autres participants à ce mouvement anti-Trump.

Une requête proche de l’anticonstitutionnel

Pour « traquer » ceux qui ont ouvertement montré leur désamour envers Trump, le département américain de la Justice a décidé de recourir aux grands moyens. Pour la société DreamHost, le mandat qui lui a été présenté représente cependant une atteinte grave à la liberté d’expression. Dans un communiqué, elle fait remarquer que les visiteurs du site concerné sont parfaitement en droit « d’exprimer une position politique ». Ils sont d’ailleurs protégés par le Premier amendement de la Constitution.

Un porte-parole de l’EFF a qualifié le mandat d’ahurissant et excessif. Selon lui, l’initiative était une tentative « anticonstitutionnelle » d’attaquer en justice les détracteurs du président Trump. « Aucune explication plausible ne justifie un mandat de perquisition de cette ampleur. »

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