Manifestations à Minneapolis : Facebook ne supprimera pas les posts de Trump

Depuis quelques jours, Minneapolis est secoué par de nombreuses manifestations. Plus précisément, depuis que George Floyd, un homme afro-américain, soit mort le lundi 25 mai 2020 après qu’un officier de police de la ville, Derek Chauvin, se soit agenouillé sur son cou pendant huit minutes environ. Une vidéo prise par un passant laisse entendre les paroles de Floyd qui suffoquait en disant qu’il ne pouvait pas respirer, jusqu’à ce qu’il agonise et arrête lentement de parler et de bouger.

Depuis cet événement tragique, des troubles ont éclaté à travers la ville. Selon The Verge, le jeudi 28 mai, le gouverneur Tim Walz a appelé la Garde nationale pour intervenir à la demande du maire de Minneapolis alors que les émeutes ont réduit les parties d’un quartier en ruines, des bâtiments ont également été brûlés, des magasins ont été pillés et la ville a été remplie de graffitis réclamant justice.

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C’est dans ce chaos que Donald Trump, le président des États-Unis, a sorti deux posts controversés sur Twitter dans lesquels il déclara entre autres :

Je viens de parler au gouverneur Tim Walz et je lui ai dit que l’armée était avec lui tout le temps. À n’importe quelle difficulté, nous prendrons le contrôle, mais quand le pillage commencera, le tir commencera.

Twitter intolérant aux tweets de Trump ?

Pour rappel, Donald Trump et Twitter ont eu quelques échauffourées concernant des tweets du président américain sur de possibles fraudes dans des élections par vote postal. Lesdits tweets ont été étiquetés par le réseau social comme étant de fausses allégations. Mais concernant les récents tweets de Trump sur la situation à Minneapolis, Twitter a supprimé les posts arguant qu’ils glorifiaient la violence.

Malgré tout, les tweets controversés de Trump ont également paru sur Facebook. Mais cette fois-ci, à l’inverse de Twitter, Facebook n’a pas jugé utile de supprimer les posts. S’exprimant sur le sujet, Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, a déclaré vendredi dernier que :

Je sais que beaucoup de gens sont bouleversés par le fait que nous ayons laissé les posts du président, mais notre position est que nous devrions permettre autant d’expression que possible à moins que cela n’entraîne un risque imminent de dommages ou de dangers spécifiques énoncés dans des politiques claires.

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Zuckerberg reconnaît aussi le caractère choquant des posts de Trump, mais encourage la discussion politique

Le dirigeant de Facebook avait effectivement expliqué que le réseau social « a examiné de très près le message qui parlait des manifestations au Minnesota pour évaluer s’il violait nos politiques » et après examen, Facebook aurait décidé de « laisser tomber parce que les références à la Garde nationale signifiaient que nous le lisions comme un avertissement sur l’action de l’État et nous pensons que les gens doivent savoir si le gouvernement prévoit de déployer la force ».

Et comme Donald Trump a ensuite adouci ses propos dans un tweet ultérieur en disant qu’il voulait juste mettre en garde contre la possibilité que le pillage puisse conduire à la violence, Facebook a jugé que ce dernier message qui, selon lui, « décourageait explicitement la violence » ne transgressait pas non plus ses politiques. Pour finir, Mark Zuckerberg a déclaré que :

Ce sont des décisions difficiles et le contenu que nous laissons est souvent profondément choquant. Nous essayons de réfléchir à toutes les conséquences et nous gardons nos politiques constamment à l’étude, car le contexte est en constante évolution (…) Je ne suis pas du tout d’accord avec la manière dont le président en a parlé, mais je pense que les gens devraient pouvoir le voir par eux-mêmes, car en fin de compte, la responsabilité des personnes en position de pouvoir ne peut être soulevée que lorsque leur discours est examiné à haute voix.

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