Mapinguari, retour sur le monstre de la forêt amazonienne

Vous connaissez sans doute les histoires du sasquatch de l’Amérique du Nord et du yéti de l’Himalaya, mais avez-vous entendu parler du Bigfoot de l’Amazonie ?

Les vastes jungles amazoniennes de l’ouest du Brésil et de l’est du Pérou abriteraient en effet un énorme monstre entouré de mystère et de légendes locales.

Mapinguari

La légende du Mapinguari amazonien

Réputé pour être le plus sauvage, le plus rare, le plus mystérieux et le plus terrifiant habitant de la forêt tropicale, presque chaque tribu indienne dans ces régions a un dénominatif pour cette créature, que l’on désigne souvent par « animal rugissant » ou « animal fétide ». Son nom le plus commun est le Mapinguari, mais il est aussi connu sous le nom de Capé-lobo (la cape de loup), mão de Pilão (main de pilon), Pé de Garrafa (pied en bouteille), Juma ou simplement Bicho (bête).

Les descriptions de la bête varient aussi énormément. Le corps d’un ours géant; les pieds griffus tournés vers l’arrière comme ceux d’un tatou géant; le visage semblable à celui d’un singe ou même d’un humain; traînant un nuage de coléoptères volants; et un rugissement comme un tonnerre sans fin. Dans certaines régions, on dit que la créature a deux yeux, tandis que d’autres récits parlent d’un seul œil, comme les Cyclopes de la mythologie grecque. Certaines versions mentionnent une bouche béante et puante située sur le ventre du monstre, à travers laquelle il mange tous les malheureux humains qui croisent son chemin.

Mais tous les récits s’accordent sur le fait que la créature est grande (deux mètres de haut, avec une posture qui ressemble à celle d’un homme quand elle se dresse sur deux pattes); qu’elle dégage une odeur forte, extrêmement nauséabonde et handicapante, comme l’ail et le pécari fétide; et est recouverte d’une épaisse fourrure rouge ou noire emmêlée, recouvrant un exosquelette dur qui la rend invulnérable aux balles et aux flèches.

Bien que les descriptions physiques du Mapinguari puissent ressembler à celles du sasquatch de l’Amérique du Nord ou du yeti de la tradition himalayenne, les comparaisons s’arrêtent là cependant. Car contrairement à ses homologues d’ailleurs, le Mapinguari ne fuit pas le contact humain, mais il traque agressivement les chasseurs, massacrant tous ceux qui ne respectent pas les règles et les limites non écrites de la jungle.

Preuve de l’existence du Mapinguari en Amazonie

Le folklore ici est plein de récits de rencontres rapprochées avec ce Bigfoot de l’Amazone, des histoires si répandues et si cohérentes dans leurs détails que ces dernières années quelques scientifiques ont organisé des expéditions pour essayer de trouver le Mapinguari. C’est le cas notamment de David Oren, un biologiste et ornithologue formé à Harvard et à Yale, qui pense que le monstre légendaire n’est pas seulement réel, mais il est en fait une espèce vivante de paresseux géant que l’on croyait éteinte depuis 8 000 ans.

Ce paresseux géant, ou mégathérium, était autrefois l’un des plus grands mammifères à marcher sur la terre, plus grand qu’un éléphant. Ces paresseux terrestres étaient des membres du groupe sud-américain des xénarthres (Xenarthra), qui englobe les paresseux modernes, les fourmiliers et les tatous. Les preuves fossiles sont abondantes et répandues en Amérique du Sud, on en a trouvé jusqu’au Chili au sud, et jusqu’en Floride au nord.

La base de l’hypothèse de David Oren repose en grande partie sur des témoignages de « quelques centaines de personnes » qui affirment avoir vu des mapinguari, et une poignée de personnes qui disent avoir eu un contact direct avec eux. Les habitants de l’Amazonie, année après année, ont rapporté des histoires de femelles mapinguari observées avec leur progéniture, leurs mouvements saisonniers pour trouver de l’eau, et même ce à quoi ressemblent leurs excréments.

Les sceptiques

Les sceptiques disent que le mapinguari n’est rien de plus qu’une légende. Après tout, le folklore amazonien regorge de créatures fantaisistes, comme le boto et le chullachaqui, qui sont utilisés pour expliquer des phénomènes importuns ou embarrassants.

Marcos Vinicius Neves, directeur du département du patrimoine historique et culturel du gouvernement de l’État d’Acre, où une statue du mapinguari a été érigée sur une place publique, dit : « Si vous êtes un récolteur de caoutchouc d’hévéa et que vous revenez au campement les mains vides, vous feriez mieux d’avoir une bonne explication pour votre patron, et le mapinguari est la meilleure excuse que vous pourriez imaginer ! »

Le romancier Márcio Souza compte aussi parmi ceux qui croient que le mapinguari n’est qu’un mythe. La déforestation de l’Amazonie s’est accélérée si rapidement au cours de la dernière génération, soutient-il, que si la créature existait vraiment, « il y aurait forcément eu une sorte de rencontre rapprochée du troisième type maintenant. »