Mariage Orange / Bouygues : ce n’est pas encore gagné !

Orange et Bouygues Telecom ont visiblement du mal à consommer leur union. Les deux géants des télécoms étaient effectivement censés conclure un accord le 31 mars mais ils ont décidé de s’octroyer un délai de réflexion supplémentaire et ils ne prendront ainsi pas de décision avant… dimanche prochain. Comme dirait l’autre, ce n’est pas encore complètement gagné cette histoire.

Après avoir tenu un conseil d’administration mercredi dernier, les deux opérateurs en sont arrivés à la même conclusion, à savoir que les négociations n’étaient pas encore assez avancées pour prendre une décision ferme et définitive.

Orange Bouygues

Ce n’est pas encore complètement gagné pour le mariage Orange / Bouygues.

Plusieurs points restent effectivement à régler et ils ne se limitent d’ailleurs pas à ces deux seuls acteurs puisque Free, SFR et même l’état ont aussi leur mot à dire.

Bercy ne voit pas la situation d’un bon oeil

Il faut effectivement rappeler que l’état français détient 23% de parts dans le capital de l’opérateur historique, ce qui fait de lui un de ses actionnaires majoritaires.

Et tout le problème est là finalement. Si Martin Bouygues demande 10 milliards d’euros pour la vente de sa filiale, la transaction ne sera pas uniquement financée en cash. En réalité, l’homme souhaite devenir actionnaire lui aussi et il demande entre 10 et 15 % de son capital. Cela veut dire que l’opération passera par une nouvelle valorisation et l’état craint que ses parts ne soient diluées dans l’opération.

Bercy ne voit pas la situation d’un bon oeil et c’est précisément pour cette raison que Stéphane Richard et Martin Bouygues ont tous les deux été reçus par Emmanuel Macron un peu plus tôt dans la semaine.

Une histoire de gros sous, comme souvent

Rien ne bloque du côté d’Orange mais le ministre et l’actuel PDG de Bouygues ne sont pas parvenus à se mettre d’accord. Selon Les Echos, l’état demanderait effectivement entre 20 et 22 euros par action. Orange, de son côté, plaiderait pour un prix tournant autour des 18 € afin d’aller de l’avant.

Mais ce n’est pas le pire car Bercy souhaiterait aussi limiter le pouvoir décisionnel de Martin Bouygues en l’empêchant d’obtenir des droits de vote double pendant 10 ans. En outre, selon une source anonyme, il demanderait aussi à ce que l’homme ne puisse pas monter au capital de l’opérateur pendant sept ans.

Le plus amusant reste à venir. Toujours d’après le même informateur, l’exécutif serait tout à fait prêt à lâcher du lest et c’est finalement Bercy qui bloquerait les négociations. Bercy, et donc Emmanuel Macron.