Marlon Brando improvisait des répliques dans Apocalypse Now

Dans le documentaire Aux cœur des ténèbres : l’Apocalypse d’un metteur en scène sorti en 1991, on y découvrait un Marlon Brando peu soucieux du matériau de base d’Apocalypse Now. Au point d’improviser plusieurs de ses répliques, et vraisemblablement sans que le spectateur n’ait rien remarqué d’anormal.

Le talent serait-il dissociable du professionnalisme ? Si cette question n’a sans doute pas attendu ce jour pour obtenir une réponse collégiale, elle résonne à ce nouvel éclairage offert par AlloCiné sur le tournage d’Apocalypse Now. Projeté en 1979, le film de Francis Ford Coppola a vu le jour dans la douleur.

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Vingt-cinq ans plus tard, le documentaire Aux cœurs des ténèbres : l’Apocalypse d’un metteur en scène donnait des clés de compréhension sur les difficultés de mener à bien un tel projet. Alors qu’à la base, il ne devait durer que six semaines, le tournage aura nécessité seize mois d’efforts.

Apocalypse Now : Marlon Brando n’avait pas lu la nouvelle

Dans la réalisation d’Apocalypse Now, Francis Ford Coppola a eu à gérer des vents contraires, à commencer par un ouragan survenu aux Philippines. Il lui a également fallu composer avec l’arrêt cardiaque de Martin Sheen, une attaque d’ailleurs dissimulée de crainte qu’elle n’entraîne la fin prématurée du long-métrage.

Le cas de Marlon Brando a cela de particulier qu’en arrivant sur les plateaux, le futur interprète du colonel Kurtz n’avait manifestement que peu de considération pour ce rôle. Il n’avait ainsi pas lu la nouvelle originale de Joseph Conrad, mais pire encore, n’avait appris aucune de ses répliques. Sans compter un surpoids qui pouvait difficilement passer à l’image sans une réécriture du scénario.

Après s’être mis à l’écart une semaine durant avec son acteur, Francis Ford Coppola s’est mis d’accord avec lui pour le laisser improviser. Car non content de ne pas avoir retenu son texte, Marlon Brando n’avait pas d’affection particulière pour les lignes qui lui avaient été attribuées. Le documentaire de 1991, dont est extrait le passage ci-dessous, montre un acteur poussé à extraire de ses entrailles la complexité de l’âme de son personnage. Et ce alors que ce dernier n’apparaît finalement que très peu de temps à l’écran.