Mars a abrité de larges rivières autrefois

Mars est souvent vu comme une planète stérile entièrement recouverte de poussières et de pierres. En réalité, ce n’est pas tout à fait le cas. La NASA a confirmé grâce à ses sondes que la planète rouge était bien plus humide durant ses jeunes années et nous savons désormais qu’elle était parcourue par de larges rivières autrefois.

Plus tôt dans la semaine, Science Advances a en effet publié une nouvelle étude consacrée à l’environnement martien.

Mars

Dirigée par Edwin Kite, un planétologue de l’Université de Chicago, cette dernière se focalise sur les anciennes rivières martiennes.

Les rivières martiennes au cœur d’une nouvelle étude

Grâce aux sondes placées dans l’orbite de Mars et aux rovers parcourant sa surface, nous savons que la planète rouge est parcourue de nombreux lit de rivière asséchés depuis longtemps.

Lorsque la planète a perdu sa magnétosphère, elle a également vu son atmosphère s’évaporer dans l’espace. Conséquence directe, la pression atmosphérique de Mars est très faible et elle représente environ 1/160e de celle de la Terre, avec 95 % de CO2, 2,7 % d’Azote et 0,13 % d’oxygène.

Pour ne rien arranger, la rouge est également en proie à des températures glaciales tournant le plus souvent autour des -50 °C.

La NASA s’intéresse depuis longtemps aux causes de ce cataclysme et la théorie avancée par l’agence est que l’atmosphère de la planète a été déchirée par les puissants vents solaires suite à l’effondrement de son champ magnétique.

Mais ce changement est survenu assez tardivement dans l’histoire de la planète et cela veut donc dire que Mars était très différente de ce que nous connaissons dans ses jeunes années. L’étude évoquée un peu plus haut va clairement dans ce sens.

Des rivières plus larges que sur Terre

En réalité, elle suggère que Mars a abrité de nombreuses rivières il y a de cela plusieurs milliards d’années, des rivières qui couraient sur toute sa surface et qui étaient même plus larges que celles présentes sur notre planète. Plus étonnant encore, d’après l’étude, l’eau de ces rivières était en mouvement constant depuis le début de l’histoire martienne.

Ce détail est loin d’être anodin. L’existence de ces rivières veut aussi dire que Mars avait son propre effet de serre. La planète était donc aussi beaucoup plus chaude et humide qu’elle ne l’est désormais.

D’après Edwin Kite, cela veut dire aussi que nos modèles ne sont pas tout à fait exacts puisque les rivières martiennes étaient finalement beaucoup plus larges que ce que nous pensions. En outre, ces dernières ne se seraient pas taries immédiatement après le refroidissement de la planète et elles auraient commencé par se raréfier avant de s’assécher totalement.

Il faut néanmoins noter que cette étude n’a pas encore fait l’objet de discussions dans la communauté scientifique. Ces conclusions sont donc à prendre avec prudence. En science, rien n’est jamais acquis.

Soulignons pour finir que Kite et son équipe se sont basés sur des centaines de photos prises par nos sondes pour leur étude. En tout, ils ont ainsi analysé en détails plus de deux cents anciens lits de rivières en portant leur attention sur leur topologie, mais aussi le gravier présent sur les lieux.

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