Mars a peut-être perdu son eau à cause de gigantesques tempêtes de poussières

Mars est souvent dépeinte comme une planète hostile à la vie, une planète désolée où la vie ne peut se frayer un chemin, mais nous savons grâce à toutes les études menées ces dernières années qu’il n’en a pas toujours été ainsi.

Il y a très longtemps, Mars était en effet une planète très différente, une planète recouverte en partie par de grands océans et des rivières s’étirant sur des kilomètres à la ronde.

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Malheureusement, cela n’a pas duré. L’eau qui était présente à la surface de la planète rouge a fini par disparaître et seules subsisteraient désormais des poches souterraines.

Mars, une planète qui a beaucoup changé

Les chercheurs s’interrogent bien entendu sur ce qui a pu provoquer la disparition de l’eau présente à la surface de la planète rouge. Ou plutôt sur ce qui a conduit à son évaporation.

Or justement, grâce à MAVEN, pour Mars Atmosphere et Volatile EvoluoN, nous en savons peut-être un peu plus sur les raisons pour lesquelles Mars est devenue la planète hostile et stérile que nosu connaissons.

Si l’on en croit Shane Stone, l’auteur principal de l’étude, et un étudiant diplômé de l’Université de l’Arizona, alors l’évaporation de l’eau martienne aurait été en partie provoquée par de gigantesques tempêtes de poussière.

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Des tempêtes de sable qui auraient affaibli l’hygropause ?

En réalité, d’après les conclusions du chercheur, ces tempêtes auraient été suffisamment puissantes pour propulser de l’eau au sommet de l’atmosphère de Mars et provoquer son évaporation dans l’espace.

En effet, l’atmosphère martienne se compose de plusieurs couches, dont une baptisé hygropause. Froide, cette dernière emprisonne l’eau et évite son évaporation. La Terre, par exemple, en possède une et elle a également la même fonction.

Or justement, d’après les données récoltées grâce à MAVEN, les tempêtes de sable martiennes auraient été suffisamment puissantes pour propulser l’eau des océans au-delà de ce précieux rempart.

Un processus facilité également par le fait que les tempêtes de poussière auraient rendu l’hygropause plus poreuse.

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Un long processus

En revanche, Shane Stone ne parle évidemment pas d’un événement ponctuel, mais plutôt d’un phénomène survenu sur une très longue période. D’après les calculs effectués par son équipe, ces tempêtes de poussière auraient été en mesure de dépouiller Mars d’une couche d’eau de l’ordre de 44 centimètres en l’espace d’un milliard d’années, avec des pics capables d’aggraver ponctuellement la situation.

En 2018, Mars a en effet été frappée par une tempête de poussière bien plus importante que les autres, une tempête qui a duré plusieurs mois et qui a failli nous coûter tous les rovers présents à la surface de la planète. Opportunity, par exemple, ne s’en est pas sorti.

Selon toute vraisemblance, cet épisode ne devait pas être un cas isolé et il est fort probable que Mars ait connu par le passé de telles tempêtes.

L’étude complète peut être consultée à cette adresse.

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