Mars a peut-être un abri pour l’humanité

Contrairement à la Terre, la planète Mars ne possède pas de champ magnétique ni d’une atmosphère assez épaisse pour la protéger contre les radiations venant de l’espace. Ces dernières arrivent ainsi directement à la surface de la planète sans être bloquées. Les machines comme les rovers d’exploration ne craignent certes pas ces radiations, mais les humains ne pourraient pas survivre à un tel bombardement. Pour pouvoir vivre sur Mars, les astronautes auront ainsi besoin d’un abri. Ils pourront emmener leur installation de protection avec eux, ou encore la construire sur place. Mais il y a peut-être une autre option, comme le montre une étude publiée récemment par l’équipe de Guo Jingnan de l’University of Science and Technology en Chine dans la revue Geophysical Research Letters.

D’après cette étude, les futurs habitants de Mars pourraient se servir des abris naturels pour se protéger contre les radiations. En utilisant les données recueillies par le rover Mars Science Laboratory (MSL) Curiosity, les chercheurs ont en effet découvert que certains reliefs naturels de Mars, notamment certaines buttes, pouvaient protéger contre les particules à haute énergie.

Une photo de Mars
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Curiosity est équipé d’un instrument dénommé Radiation Assessment Detector (RAD) qui a comme objectif de préparer l’exploration humaine de Mars. Cet instrument détecte et mesure les radiations dangereuses qui viennent du Soleil ou d’autres sources. Il peut aussi évaluer les dangers causés par ces radiations sur les formes de vie microbiennes qui pourraient subsister sur la planète.

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Ce que les données ont révélé

Parmi les zones étudiées par Curiosity sur Mars, il y a la région Murray Buttes dans le cratère Gale. Le rover devait principalement y étudier la géologie des lieux, notamment les caractéristiques du grès. Mais pendant la période où le rover est resté sur le site, et qui a duré 13 sols, le RAD a enregistré une baisse de la radiation au niveau de la surface.

Près d’une certaine butte, les données ont montré une réduction de la dose de radiation de 5%. L’équipe ayant également établi une carte de la visibilité du ciel, celle-ci a montré que le ciel était obscurci à 19% pendant le séjour du rover près de la butte.

Les scientifiques expliquent qu’il y a quand même certaines nuances dans les données. Lorsque Curiosity était en train de se déplacer à travers le site de Murray Buttes, le rover n’avait pas une vue non obstruée du ciel à cause des caractéristiques du terrain. Les chercheurs ont ainsi établi une vue panoramique du ciel à partir des moyennes enregistrées au cours des derniers mois. Ils l’ont ensuite comparée avec les données obtenues pendant les 13 sols.

D’après les chercheurs, le RAD a également détecté un autre phénomène. L’on sait que la radiation qui tombe sur la surface de Mars vient bien de l’espace, mais les données ont aussi montré qu’une partie de cette radiation provenait en fait de la réflexion de cette radiation spatiale sur la surface. Il semble ainsi que les mêmes caractéristiques pouvant aider à se protéger contre les radiations directes pouvaient aussi augmenter les radiations réfléchies.  

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Les phénomènes influant sur les radiations reçues par Mars

Selon les informations, la dose de radiation qui tombe à la surface de la Planète Rouge n’est pas constante mais varie en fonction du temps. Plusieurs paramètres peuvent l’influencer comme les changements héliosphèriques ou encore l’angle que fait le ciel par rapport à quelqu’un qui se trouverait sur la surface. Il y a aussi les changements de distance entre Mars et le Soleil qui affectent les niveaux de radiation, et également le fait que les latitudes basses reçoivent plus de radiation que les latitudes hautes.

En tout cas, les résultats de cette étude donnent une idée de ce qu’il se passe à la surface de Mars, notamment en ce qui concerne les niveaux de radiation. Comme il est nécessaire de se protéger contre ce danger, savoir qu’il existe d’éventuelles protections naturelles est une très bonne chose pour les futures missions d’exploration.

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