Mars aurait au moins deux réservoirs d’eau dans ses profondeurs

Récemment, des scientifiques planétologues ont découvert qu’il existerait au moins deux réservoirs distincts d’eau ancienne sur la planète Mars. Ces deux masses d’eau n’auraient pas la même signature chimique.

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont analysé des roches martiennes. Ces dernières sont arrivées sur Terre sous forme de météorites, et celles utilisées lors de l’étude étaient notamment les météorites Allan Hills 84001 découvertes en Antarctique en 1984, et Northwest Africa 7034, découvert dans le désert du Sahara en 2011.

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A partir des résultats qu’ils ont obtenus, les planétologues ont aussi pu conclure que jadis, la planète Mars n’avait pas d’océan de magma souterrain enveloppant toute la planète comme c’est le cas de la Terre.

Etudier les isotopes

Au cours de leur étude, les scientifiques ont recherché les isotopes de l’hydrogène dans les météorites martiennes. Les isotopes sont les variations d’un même élément chimique avec le même nombre de protons, mais pas le même nombre de neutrons. Ainsi, le deutérium ou hydrogène lourd possède un proton et un neutron, tandis que le protium ou hydrogène léger n’a pas de neutron.

D’après les scientifiques, le rapport de ces deux isotopes dans les roches peut aider à obtenir des informations sur l’eau avec laquelle elles ont été en contact. D’après des études qui avaient été effectuées auparavant sur les deux météorites, Allan Hills 84001 a été en contact avec de l’eau il y a de cela 3,9 milliards d’années. Pour Northwest Africa 7034, cette valeur est de 1,5 milliard d’années.

Les chercheurs derrière la récente étude ont pu découvrir que les deux roches avaient un rapport isotopique deutérium-protium similaire. Sa valeur se situait à peu près entre ce que l’on peut trouver dans l’eau de la Terre et dans l’atmosphère de Mars. Ce rapport était également similaire à celui trouvé dans des roches jeunes analysées par le rover Curiosity.

Ce que signifient les résultats

Les scientifiques ont comparé leurs résultats avec ceux trouvés lors de précédentes études sur les isotopes de l’hydrogène dans des météorites provenant du manteau martien situé sous la croûte. Ils ont trouvé que les météorites provenant du manteau peuvent être divisées en deux groupes de roche ignée appelée shergottite. La shergottite enrichie possède plus de deutérium tandis que la shergottite appauvrie en possède moins. Apparemment, le rapport isotopique de l’hydrogène au niveau de la croûte dans les météorites Allan Hills 84001 et Africa 7034 serait la moyenne des rapports de la shergottite enrichie et de la shergottite appauvrie.

Selon les scientifiques, ces deux signatures chimiques distinctes indiquent qu’il y aurait deux réservoirs d’eau distincts dans le manteau martien. Cela pourrait impliquer qu’un océan de magma liquide sous le manteau n’a pas homogénéisé la couche du dessus, contrairement à ce que l’on peut voir sur Terre.

D’après les planétologues, cette nouvelle découverte est aussi importante pour pouvoir comprendre l’astrobiologie et l’habitabilité de la Planète Rouge dans le passé.

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