Mars cache peut-être des douzaines de lacs

En décembre 2012, l’orbiteur européen Mars Express a enregistré des images inédites du pôle Sud de la planète rouge. Sur les photos, une région se distinguait par sa surbrillance. Six ans plus tard, des scientifiques ont publié leur interprétation des données. Pour eux, l’appareil a apporté la preuve que Mars renferme un lac liquide sous sa surface. D’autres groupes de chercheurs sont, par la suite, arrivés à la même conclusion.

Dernièrement, une nouvelle équipe a étudié les informations recueillies par l’orbiteur Mars Express en se servant d’une sonde radar. L’instrument se nomme Mars Advanced Radar for Subsurface and Ionosphere Sounding (MARSIS). Il a été conçu pour identifier la composition de la subsurface de la planète rouge.

La planète Mars, dans le froid spatial
Crédits Pixabay

Les chercheurs ont abouti à la conclusion que Mars pourrait abriter une dizaine d’autres lacs sous sa surface. Les résultats ont été publiés dans la revue Geophysical Research Letters de l’American Geophysical Union.

Une récente activité volcanique dans le pôle Sud de Mars ?

Les principaux auteurs de l’article sont Aditya Khuller et Jeffrey Plaut. Khuller est un doctorant de l’Arizona State University (ASU), tandis que Plaut vient du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA.

Khuller et Plaut ont analysé 44.000 observations que MARSIS a enregistrées pendant 15 ans. Les deux scientifiques ont pu relever une dizaine d’autres images radar semblables à celles associées à des lacs liquides.

Cependant, le duo a identifié une anomalie. Il a constaté que bon nombre de nouveaux signaux radar proviennent d’une zone où la température est extrêmement basse. En plus, les présumés lacs semblent relativement proches de la surface. A priori, ces endroits ne devraient pas pouvoir abriter de l’eau liquide. Même la présence de perchlorates, qui abaissent le point de congélation de l’eau, n’y changerait rien.

En revanche, une activité volcanique pourrait très bien répondre à la problématique de la température. Néanmoins, Khuller a émis une réserve à l’égard de cette possibilité.

« Cependant, nous n’avons pas vraiment vu de preuves solides d’un volcanisme récent au pôle Sud, il semble donc peu probable que l’activité volcanique permette à l’eau liquide souterraine d’être présente dans toute cette région. »

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L’eau liquide apparaît brillante au radar

La découverte du premier lac sous la surface de Mars a attiré l’attention de divers chercheurs. Ils ont alors décidé d’étudier une large zone environnant le premier signal radar inhabituel et ont trouvé trois autres du même genre.

Aditya Khuller a expliqué que les ondes radar perdent de l’énergie lorsqu’elles traversent un matériau. Par conséquent, les réflexions provenant des profondeurs devraient être moins brillantes que celles sous la surface.

« Bien qu’il y ait quelques raisons possibles pour qu’il y ait des réflexions inhabituellement brillantes en subsurface, ces deux études ont conclu qu’une composante d’eau liquide était à l’origine de ces réflexions brillantes, car l’eau liquide apparaît brillante au radar. »

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