Mars : le mystère du méthane relancé par une signature chimique détectée dans l’atmosphère

Depuis le temps que les astronomes cherchent des preuves de la vie sur la planète Mars, de récentes découvertes viennent de relancer le débat sur la question. Lundi 27 juillet, l’Agence spatiale européenne (ESA) a dévoilé un rapport concernant d’étranges détections effectuées par la sonde ExoMars Trace Gas Orbiter (TGO) dans l’atmosphère de la planète rouge.

Lancé en 2016, le TGO est le fruit d’une étroite collaboration entre l’ESA et Roscosmos (l’Agence spatiale russe). Cela fait des années que la sonde passe l’atmosphère martienne au peigne fin dans le but d’étudier les gaz qui la composent et repérer de possibles traces de méthane.

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Rappelons que le méthane est considéré comme un élément clé de la recherche de la vie. En effet comme les êtres vivants en produisent, ce gaz constitue ainsi une biosignature potentielle.

D’étranges signatures détectées

Dans son rapport, l’ESA a indiqué que le TGO a détecté deux signatures chimiques inattendues dans l’atmosphère martienne. Les signatures ont particulièrement intrigué les chercheurs, car elles ont été repérées exactement dans les zones où ils recherchent activement du méthane.

Comme l’a expliqué Kevin Olsen, spécialiste des planètes à l’Université d’Oxford et participant au projet, dans un communiqué : « [les signatures] se situent sur la plage de longueurs d’onde exacte où nous nous attendions à voir les signes les plus forts de méthane. »

Selon les chercheurs, les signatures proviendraient d’autres gaz, sûrement de l’ozone ou du dioxyde de carbone, ce qui expliquerait bien des choses concernant les difficultés à cerner des traces de méthane dans l’atmosphère de Mars. La trop grande présence d’ozone et de CO2 aurait en effet pu fausser les mesures prises jusqu’à présente par les sondes spatiales.

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Des découvertes qui font réfléchir

Pour l’instant, rien n’indique que les signatures chimiques détectées par la sonde ExoMars TGO sont des traces de méthane, mais dans le cas contraire, elles n’en restent pas moins importantes. En effet, comme l’explique Alexander Trokhimovskiy, ingénieur à l’Institut de recherche spatiale de l’Académie russe des sciences à Moscou, ayant également participé aux recherches, s’il s’agit d’autres gaz, il est important pour les chercheurs d’en tenir compte. Dans le cas contraire, ils courent le risque de « mal caractériser » et mal interpréter les données récoltées par les sondes.

La seconde phase du programme ExoMars devrait permettre d’en savoir plus avec le lancement du rover Rosalind Franklin. Ce dernier aurait dû décoller cet été, mais tout a dû être reporté pour 2022 à cause de la pandémie de Coronavirus. Il a été annoncé que la mission transportera des instruments de chimie pour mesurer les traces de gaz dans l’atmosphère martienne avec plus de précision. Les chercheurs pourront alors comparer les données récoltées afin de lever le voile sur ce mystère.

En attendant d’en savoir plus, les étranges signatures ont été détaillées dans deux articles publiées ce mois de juillet dans la revue scientifique Astronomy & Astrophysics.

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